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2014 / 12 / 04 - Nous n’avons point cherché Bacchus en vain

Et puits, et puis... Les Balcons de Yenne

samedi 6 décembre 2014, par Maurice DUPONT

A 8h30 7 Bémols -Bernadette, Brigitte, Christiane, Maxime, Mireille, Maurice, Yves- partent de Chambéry rejoindre 9 autres qui les attendent près du tunnel du Chat : Cécile, Françoise (qui revient sans Jean-Philippe empêché aujourd’hui), Jeanine, Marie France, Martine, Prudy, Sylviane et Claude, Bernard. Avant 9h30, les 16 débarquent à Yenne sur le parking près de la chapelle de Notre Dame de la Montagne. Dame de la montagne et "Reine du ciel", ainsi est-elle nommée dans le chant en latin qu’entonne Bernadette devant la grille du sanctuaire. La reine du ciel ayant sans doute quelque pouvoir sur la météo, voici que les nuages porteurs de pluie s’éloignent après ce début de rando mélodieux. Et le groupe entame la tournée des belvédères dont le premier est celui du tombeau de Pierre Boisson, aventurier du 19ème siècle enrichi au Mexique en exerçant le métier de dentiste ; tombeau édifié dans la roche de la montagne de l’autre côté du Rhône qui aujourd’hui n’est pas dans la brume.

Du tombeau (vu de loin) nous repartons et arrivons peu après au lieu-dit la Prison. Contrairement au jeu de l’oie, nous n’avons pas à y séjourner et continuons donc à marcher sur le chemin marqué de la coquille St-Jacques mais Compostelle ne sera pas notre destination. Chemin mouillé par la pluie du matin, aux rochers qui affleurent glissants, mais aucune chute pour l’instant. Tout en cheminant vers le 2ème belvédère, Prudy, notre mycologue, remarque au bord du chemin parmi les feuilles mortes des clitocybes nébuleux et un peu plus loin d’autres clitocybes en entonnoir. Elle les inspecte et avec Françoise -experte elle aussi en champignons- fait des commentaires sur les lamelles serrées, espacées, décurrentes etc... Aux ignares soucieux uniquement de la comestibilité de ces champignons, Prudy répond prudemment et évoque la confusion possible avec des toxiques, confusion dont fut victime un de ces collègues.

A 1oh45 le belvédère de Pierre Châtel, place fortifiée et lieu stratégique depuis l’antiquité, est atteint et nous y faisons la pause-banane, pour certaines le lever de banane tout en contemplant au loin les bâtiments de la Chartreuse édifiée il y a des siècles par le Comte Vert et plus haut dans la montagne l’imposant Fort-les-Bancs. Après cette pause nous repartons pour le belvédère suivant, celui du Rhône aménagé. En face de nous, le village de Peyzieu et le canal du Rhône avec une écluse et un pont, celui de Virignin et non pas celui de Massignieu caché par la montagne et à nos pieds le (vieux) Rhône, véritable miroir naturel où se reflètent les arbres bordant ses rives.

Après observation de ce paysage spéculaire, nous voici en route vers La Croix de Chevru. Sur le bord du chemin de longues ronces jouent parfois des tours aux marcheur(se)s. Cette année c’est Yves qui se fait décoiffer et doit revenir sur ses pas pour reprendre son couvre-chef resté agrippé au moins on ne pourra pas dire qu’il a la tête près du bonnet... Un peu plus loin de jolies mousses (des hylocomies brillantes) retiennent l’attention de la photographe qui en fait un gros plan.

Et nous arrivons auprès de la croix de pierre taillée dans un énorme bloc rocheux, reste d’un calvaire avec 3 croix (où sont passées les 2 autres ?) érigé en 1650. Passant derrière la croix, Claude en nettoie le pied pour mieux lire la date. Tout le groupe fait une courte halte, certains discutant de l’expression "invention de la vraie croix", interprétée par le latiniste de service.

Nous continuons la balade vers Pré Cevin et les Farnets, à 10 min de Québoutanne où nous sommes censés déjeuner. Mais à l’embranchement de Québoutanne, une pancarte indiquant "Puits Bacchus" (0h25) va modifier l’itinéraire. Le nom de Bacchus a-t-il résonné inconsciemment comme une invitation à la fête sans limite ou comme un rappel à une laïcité épicurienne sur ce chemin bordé de chapelle et de croix austère ? Toujours est-il qu’à une forte majorité le groupe Bémol décide d’aller faire un détour jusque là avant la pause-déjeuner et nous marchons d’un bon pas tant et si bien qu’après 25, 30, 35 minutes, certain(e)s s’interrogent "Celui qui a confectionné la pancarte aurait-il célébré Bacchus avant de se mettre à l’ouvrage ?" Et voici que nous redescendons et toujours aucun puits ... Enfin après 45 min de marche les premiers éléments du cortège crient "Évohé !"

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Le puits est bien là, en fait un trou d’eau circulaire ceint de pierres moussues. Les 12 dames posent autour du puits en bacchantes fort sages et c’est au tour des messieurs qui semblent être plus en phase avec le délire bacchique.

Il est bientôt 13 heures, il faudrait songer à déjeuner mais le lieu est humide et nous aurions à remonter la pente en pleine digestion alors nous repartons et faisons demi-tour jusqu’à un replat propice à la pause-déjeuner. Tout en marchant, Martine remarque au bord du chemin de l’hellébore fétide en pleine floraison ; nous n’en ferons pas d’usage thérapeutique comme du temps où l’on célébrait le culte de Bacchus... Le repas, tardif pour les Bémols, n’est pas triste sans pourtant être interminable car les journées sont courtes à cette saison et il reste du chemin à parcourir pour finir la balade.

Nous repassons par les Farnets ; de temps à autre nous apercevons le Rhône à travers la végétation du bord du chemin.

Sous une petite bruine passagère, nous prenons la direction du hameau de Chevru. Dans la descente Prudy glisse sur les feuilles mortes mouillées et inaugure une série de chutes sur les fesses, sur les genoux, chutes heureusement sans gravité.

Après Chevru où Bernadette et quelques ancien(ne)s Bémols évoquent un repas pris les pieds dans le lavoir communal, nous suivons la petite départementale jusqu’au hameau Le Curtelod où nous reprenons un chemin jusqu’au lieu-dit La Prison : 4 d’entre nous veulent bien jouer les captives pour la photo souvenir. Et maintenant suivant le même itinéraire que le matin nous regagnons le parking après une ultime halte chantée devant les grilles de la chapelle. Mais cette fois ce sont 2 cantatrices -Bernadette et Christiane- qui entonnent comme un hymne en point d’orgue à cette belle balade.

Texte : Maurice. Photos : Martine.

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