Club Santé Seniors MGEN 73

2014 / 10 / 23 - Manteau blanc à Roche Brune

Les Granges - Batterie de Roche Brune - Fort de Montgilbert

samedi 25 octobre 2014, par Maurice DUPONT

En cette période de vacances scolaires, seulement 12 Bémols sont présents aujourd’hui -Cécile, Christiane, Françoise B, (Fr 1), Françoise L (Fr 2), Jacqueline, Jeannine, Marie France, Martine, Sylviane, Bob, Claude, Maurice- qui après 7h30 partent pour la vallée des Huiles et débarquent une heure plus tard, dans un paysage avec gelée blanche, sur le parking des Granges (880 m), au pied du Grand Cucheron. Destination du jour : une boucle vers l’ancienne batterie de Roche Brune avec retour par le col de Champlaurent.

A 8h45 la rando commence, toutes et tous chaudement vêtu(e)s, les bonnets de laine et serre-tête remplaçant les chapeaux d’été. Près d’un petit pont, le groupe hésite et examinant la carte, s’interroge sur le chemin à prendre quand une autochtone arrive à point nommé pour nous indiquer la bonne voie, plutôt le bon sentier au sol jonché de feuilles mortes ; sentier qui monte vers les ruines du hameau Le Manchet, sentier encaissé entre de hauts talus, à la pente de plus en plus prononcée. Sur notre gauche, la cime des arbres est caressée par les rayons du soleil que nous apercevons un peu plus tard, à notre droite, au-dessus de la crête. Cette apparition de l’astre du jour nous réchauffe le cœur , si ce n’est le corps, tant le fond de l’air est froid. Les feuilles sur le sol sont couvertes d’un peu de neige gelée.

Nous cherchons à la fois un replat dans cette longue montée et une clairière ensoleillée pour faire la pause-banane. Nous absorbons des calories et à la demande et/ou avec l’accord (tacite) de plusieurs qui jeudi dernier n’ont pas entendu le récit de la mort d’Agrippine, le latiniste reprend son histoire, y ajoutant tonton Claudius, mais réserve l’épilogue pour la pause-déjeuner. Ensuite nous repartons et marchons entre les arbres revêtus d’un manteau blanc, les aiguilles des conifères saupoudrées de neige méritent bien un cliché... Nous continuons à monter, passant auprès de la ruine de Soubleyran (1215 m) puis tournant à gauche en direction du Fort de Montgilbert, nous atteignons une piste forestière qui conduit à La Tourbière, où le Gelon prend sa source, atteinte à 10h50. La légère couche de glace recouvrant les flaques d’eau nous confirme que la sensation de froid n’est pas une erreur ; la Tourbière enneigée s’étend silencieuse devant nous. "Pourquoi le soleil tourne-t-il toujours autour de nous, sans être de notre côté ?" se demandent certain(e)s. Nous nous dirigeons ensuite vers la Batterie de Roche Brune (1400 m) construite au 19ème siècle pour barrer le passage des crêtes à un éventuel ennemi. A 11h10 nous arrivons auprès de l’ancienne bâtisse militaire devenue un refuge non gardé. Après une rapide visite de l’intérieur, nous contemplons le paysage depuis le terre-plein au sol blanchi par la neige dans les coins à l’ombre, avec une haie de feuillus en pleine mue automnale et derrière des sapins vert foncé et au loin le Petit et Grand Arc et les sommets de La Lauzière se découpant dans le bleu du ciel.

Nous déjeunons avant l’heure car il n’y a pas sur le parcours d’autre lieu aussi propice, aussi bien exposé au soleil, avec en prime un long muret où s’asseoir et s’adosser... Pendant que nous déjeunons, des voitures 4x4 transportant des chasseurs arrivent près de la batterie, les porteurs de fusil comptent sans doute manger là où nous sommes installés. Ils repartiront sans avoir fait parler la poudre ni tirer à blanc sur les occupants de Roche Brune.

A 12h30 les Bémols abandonnent les lieux et redescendent vers la Tourbière. N’étant pas pressés par le temps, nous nous offrons une extension non-programmée vers le Fort de Montgilbert (1340 m). Le chemin n’est qu’à moitié à l’ombre, ce qui pousse les marcheur(se)s à se porter spontanément du côté gauche ensoleillé. Le Fort lui-même n’est guère attractif avec une entrée de galerie souterraine obstruée de gravats et un portail métallique noir cadenassé.

Retour donc à la Tourbière et direction col de Champlaurent. Dès lors nous descendons dans la forêt où l’ombre et le froid font accélérer l’allure. Le passage près des ruines des batteries des Plachaux suscite quelques plaisanteries. Comment en effet avoir froid avec un plat chaud accompagné d’un petit et d’un grand cruchons ? A un moment il faut remonter assez rudement dans le versant boisé du rocher de Rochebrune mais ce sera ensuite une longue descente jusqu’au col de Champlaurent (1116 m) où nous retrouvons le goudron vers 15 heures. "Ce ne sera pas long, juste le temps d’un virage" dit-on à Marie France... La dureté du macadam est compensée par la vue admirable sur la Lauzière et les petit et grand Cucheron.

Nous prenons bien vite un chemin de terre sur la droite traversant des herbages où notre attention est attirée par des vaches et taureaux noirs aux cornes puissantes. Un habitant du coin nous apprendra que ces bêtes sont de la race d’Hérens qui fournit des vaches s’illustrant dans les combats de reines.

Nous descendons toujours traversant une forêt et dans une clairière nous savourons lors d’une halte le calme de cet après-midi ensoleillé, ne nous doutant nullement que nous avons manqué un embranchement (en l’absence de pancartes directionnelles). Ensuite nous repartons et discutons avec un papy qui entendant que nous avons les voitures aux Granges dit presque admiratif : " vous faites un grand tour". Véritable artiste, cet homme a décoré les abords de sa maison de statues de bois rappelant l’art primitif mélanésien.

Poursuivant notre chemin nous rencontrons une ancienne élève de Fr 1 et toutes 2 remontent avec bonheur le cours des ans. Non loin quelques porcs bien gras paissant sous les chênes viennent vers nous, ignorant tout du sort tragique qui les attend.

Après la cueillette de quelques coprins nous arrivons dans un hameau avec maisons fleuries, fontaine et panneaux d’information. Surprise ! Nous apprenons que nous sommes au Gucher... Fr 2 examine attentivement la carte IGN sortie du sac du narrateur et on réalise l’erreur de trajectoire et le chemin à suivre pour rejoindre Les Granges : au moins 4 km et que du goudron !!! Il est 16h40. Les conducteurs et quelques autres terminent cette rando le plus vite qu’ils peuvent pour récupérer les véhicules pendant que le reste du groupe après avoir rejoint la D 207 attend leur retour au bord de la route. Après 17h30 toutes et tous remontent en voiture, les jambes lourdes. "Nous garderons un souvenir de cette belle et longue balade", la dernière à l’heure d’été.

Texte : Maurice. Photos : Martine.

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