Club Santé Seniors MGEN 73

2014 / 06 / 19 - Au petit galop vers La Sauge

Arvey (Puygros) -Sous la Galoppaz- Pic de la Sauge

samedi 21 juin 2014, par Maurice DUPONT

L’effectif du groupe Bémol remonte ce matin, malgré les absences annoncées ou prévues : 14 Bémols se retrouvent près du club avant 8 heures – Christiane, Jeannine, Maxime, Françoise, Cécile, Jeanne, Marie, Sylviane, Monique, Martine, 2 Marie France et 2 Maurice. Notre botaniste et photographe étant dans le Midi, le narrateur se chargera des clichés sans prétention aucune. A 8h30 nous débarquons des voitures à Arvey, hameau de Puygros, aux abords du pont du Dard (800 m) ; non point un aqueduc mais un simple ouvrage enjambant le Dard, torrent gonflé par les fortes pluies des jours précédents. Et c’est le début de l’aventure. En effet jamais le groupe Bémol n’a randonné à partir de cet endroit.

A 8h45, Bob, notre doyen toujours étonnamment alerte, prend la tête de la troupe, il est l’un des rares participants connaissant les sentiers de ce secteur. Au début tout se présente pour le mieux : la piste est aménagée avec des passages surélevés en bois évitant de piétiner dans la gadoue et débouchant sur un chemin forestier qui monte dans la forêt, encore tout imprégnée d’humidité. A un moment, le chemin se divise en 2 voies, l’une à fort pourcentage et l’autre à faible pourcentage, le groupe opte naturellement pour la pente douce et régulière, permettant de mieux observer la nature. Ici, des gentianes jaunes en fleurs, là des sabots de Vénus (hélas) fanés, seul un pied ayant la triste mine des rescapés, aux pétales extérieurs trempés, mérite un cliché. Bob pense que nous en verrons plus haut d’autres en plus bel état. Plus loin un lis martagon, aux pétales refermés, semble endormi au bord du chemin.

Après une demi-heure de marche, nous arrivons au point de jonction des 2 voies : aucun regret de n’avoir pas emprunté celle pentue comme un toit et caillouteuse. Puis nous franchissons un passage où des blocs rocheux dominant le chemin se sont éboulés tandis que d’autres nous surplombent, qui s’écrouleront tôt ou tard... Vers 10 heures nous sortons de la forêt et faisons une petite halte. La vue est limitée par les bancs de brume recouvrant la cluse de Chambéry, seule émerge la falaise du Granier ; en revanche, dans le champ en contrebas de la piste, nous voyons une multitude de gentianes (lutea) en fleurs. Nous transformons cette halte en pause-banane et Jeanne offre de délicieux biscuits-noisettes fourrés à la gelée de framboises et myrtilles, Marie France (n° 1) distribue des amandes, noisettes et piécettes en chocolat.

Une fois requinqués, nous reprenons le chemin qui mène au col de Combe Servenne et le laissons au lieu-dit Sous la Galoppaz ; là sur les indications de Bob, nous nous engageons sur un petit sentier qui bifurque sur la droite. Dès lors le groupe monte à la queue-leu-leu dans la forêt d’épicéas en suivant d’innombrables lacets, accompagné du chant de la fauvette et du pinson. Nous montons lentement, faisant des regroupements à intervalles réguliers. Le rythme de marche n’a rien à voir avec l’allure dont le nom est quasi identique à celui de la montagne voisine. A 11 heures, sortant de la forêt, nous entrons dans l’alpage où fleurissent des lis Saint-Bruno. La marche continue au pied de la Galoppaz, sur notre gauche, jusqu’à l’emplacement d’un ancien chalet emporté par les avalanches. Seul subsiste maintenant un gros chaudron servant d’abreuvoir, au flanc duquel ont été peints une flèche tournant à droite et le mot "sauge". Mais l’échancrure du col de la Galoppaz au-dessus de nos têtes et l’arête conduisant au sommet de la montagne sont une tentation pour les plus sportives du groupe. "On pourrait peut-être monter là-haut, ou au moins jusqu’au col..." proposent-elles. Mais Bob dit avec raison que cela dépasse les capacités des Bémols et qu’il faut rester groupé. "On ne va pas monter à la Galoppaz mais faire une boucle contournant La Sauge, là sur notre droite, et redescendre sur Arvey." Telle est la voix de la sagesse mais la voie à suivre sur le terrain n’est pas évidente. Jeanne s’inquiète de ne pas voir sur la carte IGN un sentier allant vers La Sauge. En ces lieux ce ne sont que des sentiers tracés par les vaches se rendant aux points d’eau, sorte de sillons irréguliers, avec des trous, de la boue et des bouses ; bref "des sentiers merdiques" selon l’un de nous. Tant bien que mal nous avançons un peu plus bas que la ligne de crête. "Il faut rejoindre le sapin là-bas" dit Bob.

Tout en en marchant, Maxime fait une belle cueillette de chénopodes-Bon Henri et Sylviane repère dans l’herbe un papillon, un Apollon précise Monique, tout trempé, avec les ailes collées. C’est presque la mort pour cet amateur de lumière solaire. Et tout comme le dieu dont il porte le nom se plaisait à fréquenter les Muses, c’est entre les mains d’une Muse moderne qu’il va retrouver goût à la vie et prendre son envol. Bientôt nous apercevons peintes sur les troncs et les pierres de grosses marques jaunes, que nous allons suivre en toute confiance. Vers 12h15, des blocs rocheux nous semblent un endroit propice à la pause-déjeuner. 6 s’assoient sur ou auprès des premiers blocs tandis que les 8 autres vont un peu plus haut vers d’autres blocs offrant une meilleure vue sur le massif de La Lauzière. Le repas et la convivialité ne souffriront pas de cette scission temporaire du groupe ; repas d’autant plus agréable que Maxime fête son anniversaire ...

A 13h15, conscients que l’orage est annoncé pour la fin de l’après-midi, nous abrégeons la sieste et repartons en suivant les balises jaunes. Surprise ! Alors qu’on pensait avoir fini de grimper, voici que le sentier monte et monte encore. A 13h30 le contournement annoncé de la Sauge est devenu en fait montée au Pic de La Sauge (1612 m). A 70 m près, aussi haut que La Galoppaz ! Cela mérite de poser pour la postérité au sommet. "Le groupe Bémol s’est bécarrisé" plaisante Monique et elle ajoutera une fois la descente achevée "bécarrisé au carré !"

Pour l’instant, de balise jaune en balise jaune, nous entamons la descente, abrupte, avec des passages sur des lapiaz ou sur un sol humide et glissant ; les pieds dérapent, les chevilles souffrent, les genoux gémissent et parfois les fesses servent d’amortisseurs de chute. "On est de vrais culs terreux" plaisantent Sylviane et Cécile après 2 chutes chacune. Après un passage délicat le long des falaises, nous faisons dans une anfractuosité du rocher une halte bien méritée. "La descente de La Sauge est plus difficile que celle de La Galoppaz" remarquent quelques-un(e)s. Après avoir franchi la 3ème barre rocheuse, Bob s’inquiète en voyant que le sentier nous conduit vers La Thuile, dont nous apercevons à travers les branches le lac, assez proche. Trompé par les balises récentes inexistantes lors de son dernier passage en ces lieux, il réalise qu’il aurait fallu peu après la halte ne plus suivre ces marques jaunes et chercher un passage vers le nord pour retomber sur Arvey et non pas à l’opposé de notre point de départ, au lieu-dit Le Crouzat. Il faudra avaler des kilomètres de goudron. Quelle tuile ! Mais cela nous a permis d’apercevoir une céphalanthère rouge au bord du chemin et contre mauvaise fortune, nous faisons bon coeur, presque fiers de ce denivelé accompli. A 16h30 nous nous hâtons de nous installer dans les voitures avant que l’orage n’éclate et qu’une forte pluie nous accompagne sur la route du retour.

Texte et photos de Maurice.

Portfolio

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0