Club Santé Seniors MGEN 73
Accueil du site > 05. Activités > Bibliothèque > Juin 2014 : résumés des derniers livres

Juin 2014 : résumés des derniers livres

mardi 10 juin 2014, par Mireille CHOPIN

Nouveautés Printemps 2014 (Tous les résumés qui suivent ont été trouvés sur http://www.babelio.com/ sauf le dernier "Le collier rouge" qui a été trouvé sur Amazon)

Je suis né un jour bleu – David Tammet

Ce témoignage est un voyage aux côtés d’un jeune homme aux capacités hors du commun. Comme le héros de Rain Man, Daniel Tammet est un autiste savant, un génie des nombres. Son cerveau lui permet d’effectuer des calculs mentaux faramineux en quelques secondes. Pour lui, les nombres sont des formes et des couleurs. Il a ainsi mémorisé les 22 514 premières décimales du nombre pi, un exploit qui a nécessité plus de cinq heures d’énumération en public. Daniel est également un linguiste de génie : il parle sept langues et a appris l’islandais en une semaine. Bien qu’autiste, il n’est pas coupé du monde : il est capable d’avoir une vie sociale et de raconter ce qui se passe dans sa tête. Les plus éminents neuroscientifiques s’intéressent à son cas. Daniel décrit avec une simplicité bouleversante son enfance à Londres, dans une famille de neuf enfants. Il raconte ses années d’école, la découverte de sa différence, le soutien aimant de ses parents, la conquête de l’indépendance, la route vers la célébrité. Aujourd’hui, Daniel a 28 ans. Il vit dans le Kent avec Neil, son compagnon.

Du bonheur, un voyage philosophique de Frédéric Lenoir

Qu’entendons-nous par « bonheur » ? Dépend-il de nos gènes, de la chance, de notre sensibilité ? Est-ce un état durable ou une suite de plaisirs fugaces ? N’est-il que subjectif ? Faut-il le rechercher ? Peut-on le cultiver ? Souffrance et bonheur peuvent-ils coexister ? Pour tenter de répondre à ces questions, Frédéric Lenoir propose un voyage philosophique, joyeux et plein de saveurs. Une promenade stimulante en compagnie des grands sages d’Orient et d’Occident.Où l’on traversera le jardin des plaisirs avec Epicure. Où l’on entendra raisonner le rire de Montaigne et de Tchouang-tseu. Où l’on croisera le sourire paisible du Bouddha et d’Epictète. Où l’on goûtera à la joie de Spinoza et d’Etty Hillesum. Un cheminement vivant, ponctué d’exemples concrets et des dernières découvertes des neurosciences, pour nous aider à vivre mieux.

En finir avec Eddy Bellegueule de Edouard Louis

"Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d’entendre ma mère dire Qu’est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J’étais déjà loin, je n’appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j’ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l’odeur de colza, très forte à ce moment de l’année. Toute la nuit fut consacrée à l’élaboration de ma nouvelle vie loin d’ici". En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Très vite j’ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre. Nos familles dans la grande guerre de Jean-Louis Beaucarnot  Destins héroïques et foudroyés, De nombreux livres ont été ou vont être publiés sur les soldats de la Grande Guerre. Jean-Louis Beaucarnot de son côté applique sa technique de recherche qui rassemble une belle connaissance historique avec la multiplication de témoignages pour reconstituer la vie quotidienne des familles pendant le premier conflit mondial du XXe siècle : familles séparées, divisées, éclatées, transplantées, brouillées ; familles ruinées (ou enrichies ?) ; couples unis, désunis, réunis,) ; familles victimes de la grippe espagnole ou, comme en Alsace, dramatiquement divisées entre deux camps ; familles de l ?après-guerre aussi, devant organiser leur deuil et panser leurs blessures, tant au plan physique que moral, avec aujourd ?hui de curieux héritages, d ?ordre psychogénéalogique ?Près de 200 témoignages inédits et de nombreux dossiers - de la guerre espagnole à la vie des Poilus, des correspondances aux monuments des morts. Un livre intime et complet sur tout ce que l ?on cherche à savoir sur l ?histoire non événementielle de la Grande Guerre.

Le bois du rossignol de Stella Gibbons

Jeune veuve, Viola Wither est contrainte de quitter Londres pour emménager chez son austère belle-mère dans sa demeure de l’Essex. À vingt et un ans, elle y voit ses rêves romantiques s’évanouir et son caractère enjoué bridé par l’ennui et les conventions. Pourtant, au mépris des convenances, l’intrépide transgresse les codes ? : elle flirte avec Victor Spring, son amour de jeunesse, quand celui-ci est sur le point de se marier. La bucolique campagne anglaise, les bals grandioses, les passions déraisonnables, la cruauté des rapports sociaux – Le Bois du rossignol est une savoureuse et féroce étude de mœurs, une comédie pétillante et poivrée, dans la lignée d’une Jane Austen qui aurait revisité Cendrillon.

L’instant précis où les destins s’entremêlent d’Angélique Barbérat

Une tache rouge sur l’oreiller, juste sous les cheveux de sa maman, morte sous les coups de son mari. Voilà ce que le petit garçon a vu, à cinq ans… Pour survivre, Kyle se jette à cœur perdu dans la musique, que sa mère aimait tant. Vingt ans après, devenu leader d’un groupe de rock, il est célèbre dans le monde entier. Mais inapte au bonheur. Coryn, elle, a grandi dans une banlieue sans charme. À dix-sept ans, elle tombe dans les bras de Jack Brannigan, qui fou amoureux l’épouse, mais, jaloux et violent, l’enferme dans une prison dorée, « Parce que tu m’appartiens… » Comment ces deux êtres que tout semble séparer auraient-ils la moindre chance de s’aimer ? Pourtant, à l’instant précis où les destins s’entremêlent, chacun d’eux sait que sa vie ne sera plus jamais la même.

Une pincée de terre et de mer de Dina Nayéri

Les jumeaux ont le même sang dans les veines et la même destinée, disent les anciens. Saba a neuf ans quand éclate la révolution islamique. Chaque jour est fait de contes et de sucreries de ses tantes, de visites des imams à son père, notable chrétien et discret, et de cigarettes fumées en cachette avec ses amis. Elle en est persuadée, sa mère et sa soeur Mahtab ne sont pas mortes ce jour de 1981 où elle les a perdues de vue à l’aéroport de Téhéran : elles sont aux Etats-Unis, à une pincée de terre et de mer. Saba grandit au rythme des aventures américaines de sa jumelle, leur donne corps et âme, reflets de ses propres aspirations. Aux tchadors noirs répondent les grandes études, au mariage forcé les histoires d’amour tumultueuses, à la soumission la question stimulante de l’intégration. Saba se vit ici, où elle s’est coulée sans heurts ni révolte dans le quotidien de son village, et là-bas, où Mahtab l’attend, de l’autre côté du miroir.

Dans ce premier roman à l’écriture envoûtante, Dina Nayeri joue avec la narration, les personnages, les thèmes de la mémoire et de la destinée. Elle nous montre aussi que l’imaginaire et le récit sont les derniers remparts de la liberté contre la folie. Une voix ensorcelante qui mêle la mélodie des contes orientaux à la prose occidentale moderne.

Le bleu des abeilles de Laura Alcoba

La narratrice a une dizaine d’années lorsqu’elle parvient à quitter l’Argentine pour rejoindre sa mère, opposante à la dictature réfugiée en France. Son père est en prison à La Plata. Elle s’attend à découvrir Paris, la tour Eiffel et les quais de Seine qui égayaient ses cours de français. Mais Le Blanc-Mesnil, où elle atterrit, ressemble assez peu à l’image qu’elle s’était faite de son pays d’accueil. Comme dans son premier livre, Manèges, Laura Alcoba décrit une réalité très dure avec le regard et la voix d’une enfant éblouie. La vie d’écolière, la découverte de la neige, la correspondance avec le père emprisonné, l’existence quotidienne dans la banlieue, l’apprentissage émerveillé de la langue française forment une chronique acidulée, joyeuse, profondément touchante.

Réparer les vivants de Maylis de Kérandal

"Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps". Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le coeur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Buvard de Julia Kerninon

Un jeune homme réussit à forcer la porte d’une romancière célèbre, Caroline N. Spacek, réfugiée en solitaire dans la campagne anglaise depuis plusieurs années. Très jeune, elle a connu une gloire littéraire rapide et scandaleuse, après une enfance marquée par la violence et la marge. Il finit par s’installer chez elle et recueillir le récit de sa vie.

Un homme ça ne pleure pas de Faïza Guène

Né à Nice de parents algériens, Mourad voudrait se forger un destin. Son pire cauchemar : devenir un vieux garçon obèse aux cheveux poivre et sel, nourri à base d’huile de friture par sa mère. Pour éviter d’en arriver là, il lui faudra se défaire d’un héritage familial pesant. Mais est-ce vraiment dans la rupture qu’on devient pleinement soi-même ? Dès son premier roman (Kiffe kiffe demain, 2004), Faïza Guène s’est imposée comme une des voix les plus originales de la littérature française contemporaine.

De père légalement inconnu de Françoise Cloarec

De 1945 à 1954 des milliers de soldats français sont envoyés en Indochine pour y sauvegarder la présence coloniale française et lutter contre le communisme. L’un d’eux est un officier : Régis Delore. Son régiment est basé à Hué. Comme d’autres il a une maîtresse. Elle s’appelle Thi Vien. Il l’aime vraiment. Mais pas au point de lui sacrifier sa famille ¿ une épouse, des enfants habitant en France. Une fille leur naît. Camille. Il ne la reconnaîtra jamais. Néanmoins il veillera sur son avenir jusqu’à sa mort, invisible, déchiré par sa décision d’avoir préféré le devoir à l’amour. Élevée sur le sol français, dans un pensionnat, séparée de sa mère, soutenue financièrement par son père, Camille, des années après son exil partira en quête de cet homme, de ce père dont le nom même lui est inconnu. Un militaire travaillant au service des archives de l’armée au château de Vincennes l’aidera dans sa recherche éperdue. Il sera pour elle un guide et un bon ange et l’aidera à lever enfin le voile sur les mystères de son enfance et d’une partie de sa vie d’adulte.

Les jeunes mariés de Nell Freudenberger

Depuis qu’elle est toute petite, Amina rêve d’ailleurs. De chocolat Cadbury et de pantalons à l’occidentale. D’hivers rigoureux et de discussions en anglais. De quitter le Bangladesh pour offrir un nouvel avenir à ses parents vieillissants. Quand, sur AsianEuro.com, elle fait la connaissance de George, un ingénieur américain de trente-cinq ans, elle accepte sans hésiter sa demande en mariage… Mais si la famille de George essaie tant bien que mal de l’accueillir, Amina perçoit dans l’atmosphère hypocrite des déjeuners dominicaux tous leurs préjugés. Sur sa religion, dans un contexte post-11 septembre encore brûlant. Sur le besoin qu’elle a de faire venir ses parents au plus vite, une fois obtenu son passeport américain. Quand s’ajoutent au fossé culturel les non-dits d’une relation apparemment sans histoires, les États-Unis cessent définitivement de ressembler à une terre promise pour Amina. Nell Freudenberger confirme son talent pour écrire l’exil. Ce portrait d’une jeune émigrée est aussi celui de deux pays que tout oppose, le Bangladesh et les États-Unis, dont elle capte avec une même justesse les contradictions.

L’homme sans argent de Mark Boyle

« Vivre sans argent cela vaut la peine. J’y ai trouvé plus de bonheurs que d’inconvénients. La libération intérieure et la reconnexion avec la nature n’ont pas de prix. » Mark Boyle

Pendant des millénaires, l’humanité a vécu sans argent. Aujourd’hui, rien ne semble possible sans une carte bancaire et quelques billets de banque. « Et si je passais une année entière sans argent ? » Au départ, c’était un pari un peu fou, qui devait s’arrêter au bout de douze mois. Pour l’ex-homme d’affaires Mark Boyle, c’est devenu un mode de vie durable. Dans L’Homme sans argent, il nous raconte son aventure. Que manger ? Où vivre ? Comment se laver ? Comment avoir une vie amoureuse, des amis, garder contact avec sa famille ? Mark Boyle a appris tout cela à la dure. Son livre nous fait réfléchir à la fois sur la place de l’argent dans notre vie et sur les mille manières de s’en passer. Faire des économies est un défi quotidien. Mark Boyle nous parle de dentifrice de seiche, de nourriture de saison, d’échanges de savoirs et de toilettes à compost, de la manière de passer un Noël sans argent. En suivant les règles strictes qu’il a lui-même mises en place, Mark revient à l’essentiel et trouve des moyens ingénieux pour se débarrasser de ses factures et s’épanouir dans la gratuité. Avec humilité, sagesse, et un grand sens de l’humour, Mark Boyle a écrit le livre culte de la décroissance.

Bonjour Minuit de Jean Rhys

Sasha Jansen retourne à Paris où elle a vécu vingt an, plus tôt un grand amour et l’échec de cet amour. Elle s’efforce d’éviter les rues et les cafés d’autrefois, mais le passé l’envahit. Avec un humour désabusé, elle accueille les rencontres que lui propose le Montparnasse d’avant-guerre.

Elle accueille même, avec un mélange d’agressivité et de désespoir, ce jeune homme rencontré au Dôme - et qu’elle appelle « le gigolo » - qui la prend pour une riche Anglaise à cause de son manteau de fourrure. Elle sent revivre son coeur d’autrefois mais, incapable de vivre comme de mourir, elle ne trouvera d’issue que dans une dernière parodie d’amour.

La reine de la Baltique de Vivéca Sten

L’été bat son plein sur l’île de Sandhamm, dans l’archipel de Stockholm, quand une macabre découverte jette un froid sur la tranquillité des vacanciers : un homme retrouvé noyé, prisonnier d’un filet de pêche. Accident ? Suicide ?... Ou meurtre ? Quand, peu après, on trouve un autre corps, le doute n’est plus permis. La petite île paradisiaque cacherait-elle des secrets ?

Boy de Richard Morgiève

Après United Colors of crime, salué par la critique, Richard Morgiève poursuit avec Boy l’exploration des thèmes qui le hantent : l’amour, l’honneur, le courage, la rencontre avec l’autre.

« Une panne d’électricité éteint la ville devant eux. A chaque mètre qu’ils font, la lumière recule. Les rues s’enlisent lentement dans l’obscurité, les passants semblent sortir de rien. De temps en temps une enseigne lumineuse résiste, notamment cet Oasis Kaboul jaune et orange, vert. Les phares des voitures entretiennent une illusion, celle d’un monde à la merci de l’homme, un monde sécurisé. Mais le monde n’existe pas, songe Boy. On l’invente pour ne pas crier, ne pas se percer les tympans. »

Une histoire d’amour, comme toujours chez Morgiève. Boy joue pour sauver son père. Elle ne sait pas qui elle est. Elle cherche désespérément l’amour d’un, d’une autre. Roman tragique aux allures de thriller, roman épique sur décor sanglant du monde d’aujourd’hui. Roman sexuel, noir, où les fantasmes se disent à chaque page.

3 minutes, 33 secondes de Esi Eduggyan

Un disque de 3 minutes 33 secondes, c’est tout ce qu’il reste de ce temps-là. De ce Paris occupé où trois jazzmen planqués pour échapper aux nazis tentaient malgré tout d’enregistrer un morceau. Sid, Chip, et Hiero, deux Noirs de Baltimore et un métis allemand, unis le temps d’un enregistrement frondeur, au nez et à la barbe de l’ennemi. Avant, c’est à Berlin qu’ils jouaient, quand l’Amérique marquait le tempo des folles nuits européennes. Avant que Goebbels n’interdise cette « musique nègre » et qu’eux trouvent refuge en France et rencontrent le grand Armstrong. Mais, parfois, il ne faut guère plus de trois minutes pour qu’un destin bascule. Un regard enjôleur, une ligne de basse qui dérape, des papiers qui n’arrivent pas… Alors restent les souvenirs, ces moments hors du temps qui font le sel de la vie. Dans ce roman émouvant et drôle, où fiction et réalité se confondent, Esi Edugyan brosse le portrait d’une époque, d’un milieu, d’une amitié, retrouvant les accents savoureux et le langage des musiciens noirs américains.

Le collier rouge de Jean-Christophe Rufin

Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Trois personnages et, au milieu d’eux, un chien, qui détient la clef du drame... Plein de poésie et de vie, ce court récit, d’une fulgurante simplicité, est aussi un grand roman sur la fidélité. Etre loyal à ses amis, se battre pour ceux qu’on aime, est une qualité que nous partageons avec les bêtes. Le propre de l’être humain n’est-il pas d’aller au-delà et de pouvoir aussi reconnaître le frère en celui qui vous combat ?

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0