Club Santé Seniors MGEN 73

2013 / 12 / 19 - A Mouxy le mulot a repris du service

Remontée dans le temps sur le chemin de la Crémaillère

samedi 21 décembre 2013, par Maurice DUPONT

Pour une fois que le départ des Bémols a été fixé à 9 heures, bien peu de lève-tard sont présents ; il est vrai que la pluie annoncée pour la journée a dû décourager plus d’un(e). Seuls 4 Bémols se retrouvent avant 9 heures : Christiane, Martine, Maxime et le narrateur. Une 5ème courageuse, Jeanine L, téléphone : elle est prête depuis St Offenge à nous rejoindre à St François de Sales. Mais irons-nous à St François, ainsi qu’il a été prévu ? Non, car la neige ne tombera qu’au-dessus de 1600 mètres. Alors Christiane propose une balade de substitution au moins pour la matinée, disons jusqu’à 13 heures...Balade qu’elle a découverte tout récemment, à partir de Mouxy sur l’itinéraire de l’ancien train à crémaillère qui montait au Revard il y a plus de 3/4 de siècle. Mais où pourrons-nous manger à l’abri ? Martine propose que l’on pique-nique chez elle, à la fin de la marche. Projet adopté à l’unanimité.

Ainsi à 10 heures, une fois la voiture garée sur le parking de l’église de Mouxy, la marche commence sans sac, avec seulement de l’eau, du café chaud et de quoi faire la pause-banane, le tout étant placé dans le sac du narrateur qui fera la mule ou plutôt "le mulot" une nouvelle fois (cf balade du 21/11/ 2013). Sous nos vêtements de pluie et avec nos bâtons de marche , nous détonnons quelque peu dans les rues de Mouxy où une maison attire les regards avec sa façade en trompe-l’oeil illustrant le métier de charpentier. Non loin de là, nous apercevons à la fois un panneau de signalisation représentant une locomotive à vapeur et à l’arrière-plan une vraie locomotive qui semble prête à reprendre du service, stationnée à côté de la gare de Mouxy, tout en bois, reconstituée telle qu’elle était en 1892, avec sa salle d’attente et son guichetier dans son réduit vitré. Notre petit groupe ne prendra pas de billet A et R pour le Revard mais se contentera de suivre à pied l’ancien tracé de ce petit train qui reliait Aix au Revard de 1892 jusqu’à 1937. Nous montons donc d’abord en direction du lieu-dit Les Barrals sur l’ancien ballast aux cailloux peu agréables sous le pied, au milieu desquels dépassent parfois des éléments métalliques rouillés.

En suivant la pente de cet itinéraire ferroviaire, nous allons train-train de hameau en hameau tout en remontant le temps au gré des panneaux explicatifs qui nous font découvrir les hauts faits ayant marqué l’histoire de cette Crémaillère qui à partir de l’hiver 1908/1909 fit d’Aix-les-bains la station de ski la plus proche de Paris ! Au hameau Les Exertiers nous apprenons qu’il fut ravagé à la fin du 19ème siècle par un terrible incendie causé par des escarbilles transportées par le vent sur les toits de chaume. Incendie dont un jeune ouvrier italien fut accusé d’être l’auteur par le frère d’une jeune fille du hameau qu’il rencontrait en cachette, éprouvant pour elle un amour ardent mais de là à devenir un incendiaire.... Un peu plus haut, nous voici en présence de Raspoutine qui résidait parfois dans une superbe villa proche de la voie et se plaignait souvent des désagréments que lui causait le passage des trains ; évidemment quand on est habitué à un train de vie impérial ! Plus loin, une reproduction du Petit Journal de février 1921 montre des automobiles à chenilles, avec de larges skis en bois sous les roues avant et remorquant un traîneau tirant plusieurs skieurs à la fois sur les pentes enneigées, on organisait même des "courses de chars" avec de tels engins. Mais en 1937 ce train à crémaillère fut démonté, ne pouvant résister à la concurrence d’un nouveau moyen de transport vers le sommet du Revard : le téléphérique.... Tout en nous instruisant sur l’histoire locale nous montons jusqu’au lieu-dit les Grands prés ayant fait tout de même près de 250 m de dénivelé depuis la gare. A partir de là laissant l’itinéraire de la crémaillère, nous nous dirigeons vers le monastère des Soeurs de Bethléem en suivant une petite route au bord de laquelle une croix en fer forgé très ouvragé avec à l’arrière-plan le Revard semble annoncer la proximité de ce lieu religieux. A 11 heures nous nous mettons à l’abri de la pluie sous l’auvent d’un bâtiment du couvent pour faire la pause-banane ; Christiane offre des bonbons au caramel et beurre salé, Martine des parts d’un pamplemousse chinois, Maxime des gojis et des amandes, Maurice du café chaud. Après quoi nous visitons la chapelle au choeur entouré de stalles dont certaines ont perdu leur "miséricorde". Dans le silence de ce lieu nous chantons avec quelques jours d’avance sur la date officielle Il est né le divin Enfant. Ensuite nous visitons également une chapelle souterraine où sont enterrés un certain abbé Portal et une dame pieuse, fondatrice de l’orphelinat installé dans les bâtiments avant 1970. Quittant cet endroit, nous voyons au loin le lac du Bourget recouvert de brume avant de nous engager dans le bois des Corbières. Le chemin obstrué par 2 troncs d’arbre nous contraint à un peu d’exercice physique, puis nous revenons aux Barrals. Au bord du chemin les fruits rouges de l’herbe aux femmes battues ressemblent à une guirlande de Noël. Retour à la gare de la Crémaillère et au parking de départ, il est 12h45.

Nous finissons la balade chez Martine où nous pique-niquons confortablement installés à l’abri et au chaud. Repas joyeux, convivial, très amical au terme duquel Christiane, Maxime et Maurice reprennent la route de Chambéry.

Texte de Maurice. Photos de Martine.

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