Club des retraités de la MGEN en Savoie
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2013 / 09 / 12 - Entre le Tapin et le Trou de Chignin, une belle errance...

Balade improvisée à partir du lac de la Thuile

samedi 14 septembre 2013, par Maurice DUPONT

Avant 7h30, le ciel chambérien chargé de nuages a un air bien automnal. Les quelques Bémols présents -Christiane, Cécile, Françoise, Martine, Maxime, Maurice- se tournent du côté où apparaît un peu de ciel bleu prometteur d’éclaircies. Ce sera donc du côté des Bauges, plus précisément du lac de la Thuile qu’ils feront une balade de substitution, laissant pour un jeudi ensoleillé la destination du lac des Fées en Beaufortain. A 8h15, les 6 débarquent sur le parking de la rive ouest du lac (874 m) qui semble encore dormir sous une atmosphère saturée d’humidité et partent vers le Rocher de Manettaz. "Tiens ! C’est par le chemin habituel du retour que nous commençons aujourd’hui." dit Christiane mais peu importe. Très vite nous voici au hameau Le Mont puis, laissant le bitume, continuons vers le col du même nom. Encore un peu de marche et à 9h20, le Rocher de Manettaz (1080 m) est à portée de nos pieds. C’est le premier belvédère de la journée mais la vue est fort limitée ; devant nous la Combe de Savoie est une mer de brume et de nuages. Est-ce de la nouvelle neige qui est tombée là-haut sur le Massif de Belledonne encore bien encapuchonné ? Si la table d’orientation autour de laquelle nous nous réunissons n’a guère d’utilité aujourd’hui, elle fait office d’aire de repos pour une libellule. Assis sur les barrières de bois bordant le rocher en surplomb, nous faisons la pause-banane. "9h30, c’est bien tôt pour la banane." remarque l’une d’entre nous. Mais on est levé depuis 6 heures et on commence à avoir un petit creux. Après quoi, nous repartons vers la Roche du Guet : dans une prairie à l’écart du chemin un troupeau de vaches blanches -"des charolaises" précise Françoise- regardent passer ce curieux train de bipèdes . Peu à peu le chemin bordé de hêtres devient plus pentu et une fois sortis de la forêt, nous ressentons les premières gouttes qui nous font revêtir les capes ou vêtements de pluie. S’agit-il d’une averse ou la pluie nous accompagnera-t-elle le restant de la journée ? Bientôt la terre du chemin laisse place à des lapiaz aux larges et profondes fissures le long de la crête menant à la Roche du Guet (1209 m) que nous atteignons à 10h15. Nous voici au second belvédère offrant une vue plus dégagée qu’au Rocher de Manettaz mais des nappes de brume s’étirent encore au-dessus de la vallée. A partir de là, les pancartes ne mentionnent plus que le Circuit de la Savoyarde. Nous ne voulons pas aller aussi loin mais seulement faire une boucle nous ramenant vers Le Mont. Tout d’abord il nous faut redescendre du belvédère sur les lapiaz mouillés ; heureusement un câble attaché à des piquets forme une main courante à laquelle nous nous agrippons. Ouf ! " J’espère qu’on n’aura pas à remonter par là." soupire Maxime qui n’est pas une adepte du câble. Nous poursuivons notre marche sur la crête ; tout près du bord de la falaise des plants de joubarbe en fleurs sont remarqués par Martine. A 10h45, nous arrivons au lieu-dit Sous le Tapin (1190 m). Une pancarte directionnelle nous laisse quelque peu perplexes : il faut choisir entre 2 directions, soit le Tapin par le sentier montant, soit le Tapin Ouest par le sentier descendant. En matière de tapin, le choix du lieu étant très important, nous optons pour la sécurité en mettant le cap sur le Tapin Ouest, nous souvenant peut-être inconsciemment de l’expression A l’ouest rien de nouveau.Au Tapin Ouest nous faisons une petite halte, des propos facétieux sont échangés en ce lieu à l’appellation évocatrice. Plus sérieusement, Cécile dont l’odorat subtil est mis en éveil s’écrie : "ça sent bon le champignon ici." Aussitôt les dames , toutes mycophiles averties, s’égaillent dans le sous-bois et de belles chanterelles sont trouvées par Cécile, Françoise, Martine, Maxime dont les sacs (apportés en vue d’une éventuelle cueillette) se remplissent joliment. Christiane porte son choix sur les champignons bleus qu’elle ramasse pour montrer à son fils et Cécile cueille aussi des sanguins qu’elle portera à un ancien collègue. Seul celui qui en cet endroit pourrait par plaisanterie être nommé le souteneur n’a pas cueilli de champignons, il est vrai qu’il n’a fait aucun effort pour en trouver... Tout en poursuivant la cueillette aux abords du chemin, le groupe descend sans trop savoir où il se trouve mais du moment que les chanterelles sont au rendez-vous et que la pluie a maintenant cessé, tout est pour le mieux. A un moment il faut choisir entre le Roc de Tormery et le Trou de Chignin ; d’après la carte, celui-ci est sur l’itinéraire permettant le retour à la Thuile. Plus loin, l’absence de balises à un embranchement pose problème : à gauche en descendant encore ou à droite en remontant ??? Françoise, partie en éclaireuse, aperçoit entre les branches une vieille maison abandonnée qui doit figurer sur la carte. Effectivement et comme elle est la seule dans ce secteur, nous pouvons nous repérer. Une longue traversée de forêt commence alors avec montée, descente et remontée. De nombreux autres champignons font regretter l’absence de Prudy, notre mycologue. Des champignons blancs dressés de part et d’autre d’un tronc de hêtre et formant un tableau insolite retiennent l’attention de la photographe. Il est midi quand une petite pancarte en bois Le Mont le Lac nous rassure mais il faut encore et toujours monter et les estomacs commencent sérieusement à crier famine. Ainsi à 12h30, au sortir de la forêt, une prairie avec un talus herbeux nous semble un lieu propice à la pause-déjeuner. A la fin de la pause, Cécile qui s’est éloignée un bref instant, revient avec à la main une gentiane d’Allemagne à 5 pétales (quoi de plus normal pour une Germaniste !). Après vérification, il s’agirait d’une gentiane des Dolomites. A 13h30 nous repartons et à quelque distance de nous se pose dans l’herbe (probablement) un pigeon, peut-être un pigeon voyageur. Martine s’approche silencieusement de lui pour le photographier et examiner s’il porte une bague mais à peine l’a-t-elle effleuré qu’il prend son envol pour se reposer plus loin. A-t-il déjà fait un long parcours ? Avant d’arriver au hameau Le Mont, nous apercevons un bouquet de jeunes vesses-de-loup, de petites boules blanches ayant la consistance de chamallows, elles ne seront pas cueillies (quand on a des chanterelles, on peut les laisser). A 14 heures nous voici sur le sentier découverte longeant le lac et de petits panneaux amovibles nous renseignent sur la faune (foulques, grèbes huppés, hérons cendrés, milans noirs). Françoise s’approche de l’eau pour voir si elle trouve de grandes moules. Peu après nous arrivons aux voitures et sous le soleil revenu, nous évoquons jeudi prochain avant de regagner Chambéry.

Texte de Maurice. Photos de Martine.

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