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2011/03/31- Les Molbé ont tremblé mais chanté sur les terres de Mandrin.

Balade du col de la Crusille à Dullin et retour.

samedi 2 avril 2011, par Maurice DUPONT

En ce dernier jeudi de mars, sous le ciel qui se dégage et laisse apparaître un soleil matinal enjôleur, les marcheur(se)s arrivent peu à peu devant le club. Passé 8 H 30, ce sont 25 participants (3 couples, 7 hommes et 18 dames) dont Claudine, de retour après une longue absence, Gyslaine et Noël, Colette et Dédé, Antoinette, Christiane, Simone, Janine B, Michèle L, Jean M, Jeanine L et les autres, qui partent pour le col de La Crusille, en vue d’une balade vers le col du Banchet, la grotte à Mandrin, Dullin et retour par le château de Montbel. A 9 H 15 à La Crusille commence la marche à pied

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sur un chemin traversant une forêt, chemin large où s’étalent à intervalles réguliers de grandes flaques, vestiges des pluies de la nuit. Puis nous rejoignons une petite route que nous suivons emportés par notre élan. Près des Côtes de Bel Air, Antoinette réalise que nous sommes allés trop loin et c’est le premier demi-tour du jour. Nous empruntons un chemin forestier au bord duquel nous remarquons de petites fleurs blanches : des anémones des bois, appelées aussi sylvies (du mot latin désignant la forêt)

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. Plus loin, ce sont des champignons à large collerette étoilée qui attirent le regard.

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Notre botaniste et notre mycologue, par delà la diversité des langues, sont d’accord : quand l’une les nomme dans sa langue maternelle Earth stars la première parle de geasters ou étoiles de terre, mais c’est la même chose. A chaque semaine, ses végétaux et ses fleurs : nous laisserons donc les hellébores, les jonquilles, les pulmonaires -déjà vus et cités- pour faire place aujourd’hui aux dentaires ou cardamines.

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Dentaires digitées dont les feuilles ont 5 folioles partant d’un même point, comme les doigts d’une main et dentaires pennées à 7 folioles réparties de part et d’autre d’un axe, comme les plumes.

Peu avant 11 H nous voici arrivant à un belvédère surplombant l’Avant-Pays, avec un arrêt propice à la pause-banane

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et à la contemplation du paysage : dans le lointain, les montagnes enneigées de Chartreuse

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et en bas dans la plaine du Guiers, jadis rivière-frontière entre la Savoie et le royaume de France, des villages éparpillés que les un(e)s et les autres tentent d’identifier. Puis descendant du belvédère, nous atteignons le col du Banchet, nous sommes sur les terres de Mandrin,

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célèbre contrebandier du 18° siècle, mort à la fleur de l’âge -30 ans- en 1755. Une chapelle aux grilles ornées de jonquilles que des mains pieuses ont offertes à N.D. du Banchet

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voisine avec un panneau rappelant que les jonquilles sont de la famille des narcisses. Il nous replonge dans les racines de la culture occidentale, en se faisant l’écho de la légende relative à ces personnages mythologiques : le beau Narcisse, ayant repoussé l’amour sincère de la nymphe Echo, fut puni par les dieux qui le condamnèrent à la seule contemplation de lui-même et après sa mort le métamorphosèrent en fleur.

La prochaine étape sera la Grotte de Mandrin. Après avoir d’abord emprunté un chemin derrière une croix de pierre, nous avons un moment d’indécision suivi d’un second demi-tour. En effet un marcheur, internaute à ses heures, pense qu’il vaut mieux, selon Google, passer par l’ancienne voie romaine dominant à la verticale la route du col. Nous revenons donc sur nos pas et face au rocher d’escalade, au pied du belvédère, nous entamons une descente sur un chemin qui va se rétrécir très vite et peu après nous remontons par un raidillon serpentant dans les buis, de plus en plus pentu jusqu’au pied des barres rocheuses puis longeant la falaise jusqu’à la grotte. La vue sur la plaine, à notre droite, rappelle à Gyslaine le temps de sa jeunesse où elle enseigna à l’école communale de Vérel de Montbel, dont on aperçoit le clocher. C’était avant la construction de l’autoroute dont le bruit confus monte jusqu’à nous. Peu avant midi, nous arrivons les uns après les autres

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à l’entrée de la grotte qui servait de repère pour le « brigand au grand coeur » et sa bande. Là d’énormes blocs de calcaire vont nous servir de sièges pour une pause bien méritée. Et les 25 vont entonner en souvenir des « 20 ou 30 brigands » la complainte de Mandrin. Grâce à Françoise B, dont la belle voix entraîne les autres

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et grâce au narrateur qui, même s’il chante faux, se souvient au fur et à mesure des différents couplets, nous déroulons l’histoire du jeune Mandrin, de « sa première volerie » jusqu’à sa pendaison. Antoinette, qui est venue moult fois en ces lieux, nous dit le plaisir qu’elle éprouve d’avoir pu chanter pour la 1° fois la complainte dans sa totalité

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. Il est midi et certain(e)s pensent que l’on pourrait déjeuner ici. Mais la tradition de cette randonnée, rappelle notre doyenne, est de manger à Dullin. Il reste 1 H 10 mn de marche pour atteindre ce village ; les estomacs des Bémols résisteront-ils à l’épreuve ? Faire la pause-repas seulement à partir de 13 H 15, voilà qui sera digne de figurer dans les annales du groupe !!!

Nous repartons donc et bien vite, la longue file se scinde en 2 sous-groupes : à l’avant, une dizaine de marcheur(se)s emmené(e)s par Claude, randonneur sans peur -du vide- et sans reproche pour celles qui le suivent en toute confiance. Derrière, avec à sa tête Marie-France, un second groupe comprenant notamment Honoré, faisant office de nettoyeur de sentier obstrué et également d’ange gardien, dont « la poigne de fer » (dixit Denise) assurera ses compagnes de marche dans les endroits dangereux. En effet ce sentier étroit sous des surplombs rocheux,

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avec parfois des marches en rondins glissants et une main-courante constituée souvent d’un cable rouillé, n’est pas aisé à parcourir surtout quand on a l’estomac dans les talons. Montées, faux plats et descentes se succèdent non loin du vide et à l’arrière, 4 chutes sont à déplorer, sans trop de mal, Colette cependant souffrira du genou. Pour une fois, la parité est de règle chez les Bémol : Antoinette et Colette d’un côté et de l’autre, Jean et Honoré (emporté par son élan de déracineur d ’arbres morts)

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. Pendant qu’on prend ainsi un peu de retard, le groupe conduit par Claude a le temps de se désaltérer en chantant « Boire un petit coup ... » Enfin là-haut sur la butte, le clocher de Dullin dresse sa silhouette et quand nous y arrivons, vers 13 H 15, 8 marcheur(se)s de Bassens sont sur le point de finir leur repas et nous laisseront leur place sur des tables et bancs de bois.

La pluie menace depuis un moment et s’invitera avant la fin du repas.

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Mais la convivialité des Bémol est à toute épreuve : le soleil qui illuminera notre repas sera dans le pétillement du cidre brut de Bretagne offert par Jeanine L à l’occasion de son anniversaire et dans le muscat de Frontignan apporté par Jean M. Au dessert, des chocolats à foison comme d’habitude et le café sera suivi d’un peu de génépi, remontant idéal pour affronter la pluie de l’après-midi. A 13 H 45, le groupe quitte Dullin

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, sauf Dédé et Colette -au genou douloureux- qui se feront ramener en voiture vers le parking de la Crusille. Les autres parés de vêtement de pluie multicolores et emmenés d’un pas rapide par Janine B et Joëlle, se dirigent à travers herbages et bois vers le Banchet quand sous des frênes, Martine découvre avec joie la première morille grise de la saison,

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une toute petite que personne n’avait vue. Après les lieux-dits Le Châtelard et Montbel, on s’interroge sur l’opportunité d’aller voir de près les ruines du Château de Montbel avant de regagner la Crusille. Seuls 8 braves -Françoise B, Prudy, Geneviève, Jeanine L, Colette B, Martine, Honoré et le narrateur- feront le détour

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et iront visiter cette ancienne citadelle médiévale,

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ce qui permettra de trouver encore 2 morilles blondes

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. Vers 16 H 45, Guy et Jean qui ont attendu bon gré mal gré leur conducteur respectif, verront revenir les 8 et il sera temps pour les 10 derniers des 25 partants du matin de retourner à Chambéry.

Texte de Maurice. Photos de Martine, Colette B et Jeanine L.

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