Club Santé Seniors MGEN 73

2020 / 02 / 13 - Le Grand Carroz malgré nous...

Du foyer de fond du Désert d’Entremont un circuit qui en vaut deux

vendredi 14 février 2020, par Maurice DUPONT

Avant le départ pour Entremont-Le-Vieux, sur le parking de Bassens balayé par un vent froid, les 8 Bémols présents -Catherine, Cécile, Françoise, Geneviève, Martine, Maxime, André, Maurice- s’interrogent : est-il opportun d’aller au Grand Carroz alors que la pluie est annoncée pour la fin de matinée ? Montons plutôt au col du Mollard de façon à rentrer avant la pluie... Après cette sage suggestion, nous partons en voiture en direction du Désert d’Entremont. Dès le col du Granier, il est clair qu’à moyenne altitude la neige a pratiquement disparu.

Seul le haut des montagnes de Chartreuse, du Granier au Pinet, est recouvert de neige ; ailleurs le manteau neigeux est réduit à l’état de lambeaux épars.

A 9 h30, nous débarquons sur le parking du foyer de fond du Désert d’Entremont et laissant les raquettes dans les voitures, nous emportons par prudence dans les sacs les crampons à neige et nous nous dirigeons dans l’herbe gelée vers le portique ouvrant le circuit du Mollard. Aujourd’hui les beautés naturelles sont à chercher dans la glace qui recouvre çà et là quelques petites nappes d’eau, glace offrant comme des fleurs hiémales.

Nous suivons les balises plantées de loin en loin dans l’herbe, balises en forme de raquettes sur fond violet numérotées 2 signalant le circuit du Mollard et parfois nous avons le plaisir de fouler la neige, une toute petite épaisseur de neige durcie.

André prend le temps d’ajuster ses crampons à neige à ses chaussures et rejoint peu après le reste du groupe. La beauté minérale des aiguilles de glace n’échappent pas à l’objectif de Martine, notre photographe.

Des restes de neige dans un champ semblent exercer une attirance naturelle tellement il est plus agréable de marcher sur ce tapis blanc que sur un sol terreux.

Sur notre droite, le paysage cartusien ne manque pas de charme avec dans le ciel des nuages blancs et gris et au sol des espaces blanchis par la neige contrastant avec ceux plus sombres où apparaissent l’herbe et la terre, où un toit de chalet semble faire écho à la ligne de crête boisée et plus loin à à la pente rocheuse de la montagne.

Au fur et à mesure que nous montons vers le col, du ciel bleu dans le ciel apporte une note de gaieté.

La pluie tombera-t-elle plus tard que prévu ?

Nous traversons un petit ruisseau bordé de touffes de hautes herbes auxquelles le gel donne un aspect féerique avec les glaçons suspendus aux ramilles.

Sans raquettes, nous progressons assez vite en direction du col du Mollard.

Et nous voici bientôt dans la hêtraie enneigée.

Si les arbres ont perdu leur blanc manteau, le sol en revanche a gardé sa parure immaculée et cela donne au décor une autre allure. Au lieu-dit La Serra (1315 m), à proximité du col, nous faisons un détour sur le flanc de l’Outheran, ainsi que nous y invitent les balises-raquettes, montant d’abord pour redescendre jusqu’au col du Mollard (1320 m). Au-delà de la cime des sapins apparaît la Pointe de la Gorgeat.

Il est l’heure de la pause-banane que nous faisons après avoir planté nos bâtons dans la neige.

Comme il est trop tôt pour entamer le retour, Cécile propose de continuer la randonnée jusqu’au col des Fontanettes annoncé à 35 minutes. « Attention ! Ensuite nous serons sur le sentier descendant jusqu’au Grand Carroz. » avertit Maurice. Entre autres, Françoise exprime le refus d’aller au Grand Carroz. « Il nous faudra tourner avant pour rejoindre le foyer de fond » ajoute-t-on pour la rassurer. Et nous voici partis vers le second col de la journée sur une piste qui commence par descendre sévèrement jusqu’à l’embranchement de Dessous Le Mollard (1240 m). Après quoi c’est une montée raide pendant vingt minutes sur un sentier étroit où les crampons sont bien utiles.

A 11 h 30 le col des Fontanettes (1330 m) est atteint et comme le sentier que nous venons de parcourir est très pentu, personne ne propose de faire demi-tour, tout le groupe continuera donc par le chemin menant au Grand Carroz.

Le chemin déneigé descend en lacets serrés. Sur le talus une primevère précoce entourée de grésil attire le regard.

A un embranchement, nous fiant au GPS d’André, nous pensons pouvoir rejoindre le foyer de fond en obliquant à droite sur une piste forestière qui va descendre longuement et à un moment débouchera de la forêt dans un herbage surplombant les maisons du Grand Carroz.

Où a eu lieu l’erreur de pilotage ? Peu importe, il faut gérer ce supplément d’itinéraire alors que la pluie annoncée commence à tomber. Nous descendons chacun(e) comme il peut dans les prés pentus pour rejoindre le sentier vers le virage à la sortie du hameau.

Dès lors nous connaissons bien le chemin à suivre pour revenir au foyer de fond. Dans la grisaille et sous la pluie qui nous cingle le visage, nous remontons dans le grand espace herbeux en dévers au-dessus des Girouds et lorsque nous atteignons la forêt, nous décidons de pique-niquer de façon spartiate mais conviviale comme toujours, au bord du chemin, à l’abri du vent. A 13 h 15 nous repartons alors que la pluie a diminué d’intensité. Sur le sentier sans neige, nous ne manquons pas d’observer sur un bloc rocheux qui affleure une ammonite et un pecten fossilisés.

Abrités sous les capes nous devons encore monter longuement sur le chemin boueux avant d’atteindre la crête au lieu-dit Lachat et sortir de la forêt. Alors que les montagnes sont enveloppées par les nuages, il nous reste à descendre jusqu’au foyer de fond.

Les dames marchent sur ce qui est une piste de fond si la neige est présente, tandis que les deux messieurs suivent les balaises-raquettes et arriveront les derniers.

A 14 heures la pluie a momentanément cessé, les 8 Bémols ont tous rejoint le foyer de fond et personne ne regrette d’avoir accompli un mixte de deux circuits, du Mollard et du Grand Carroz, au total 500 m de dénivelé positif et 12 km.

Photos : Martine

Texte : Maurice

Portfolio

Une figure artistique sur la glace près du foyer de fond