Club Santé Seniors MGEN 73
Accueil du site > 07. Conférences > Compte rendu de la conférence du 07/10/2019

Compte rendu de la conférence du 07/10/2019

mardi 29 octobre 2019

Compte rendu de la conférence du 7 octobre 2019

Ce 7 octobre 2019, pour le bicentenaire de la naissance de Gustave Courbet (1819-1877), Geneviève Gaufillet nous a proposé une belle rétrospective de l’œuvre de l’artiste.

Le peintre est ambitieux et quelque peu vaniteux mais il a dans son ADN la défense des gens simples, des pauvres, la lutte contre l’injustice, il peint le réel au plus près et son talent est tel qu’à l’instar de Molière il fait l’objet actuellement d’une demande de panthéonisation.

Sûr de son talent, Courbet cherche à se faire reconnaître, en témoignent ses nombreux autoportraits, notamment au début de sa carrière, ainsi que plus tard ses tableaux « La rencontre » ou « L’atelier du peintre » par exemple. Dans le premier, l’un des personnages est le peintre, il est grand et a belle prestance, les deux autres, dont son mécène, sont plus petits et forcés au respect. Courbet montre de plus que l’artiste est libre, il porte sur son dos tout le matériel nécessaire à la peinture en extérieur. Le tableau fait scandale, on compare en effet la représentation à celle de l’adoration des rois mages ! le second tableau n’est pas moindre car l’artiste est au centre, il est le juge en quelque sorte qui jauge la vie des personnages qui peuplent le tableau : à sa droite, les gens qui travaillent et le soutiennent, et à sa gauche les gens qui vivent des premiers.Lorsque l’on refuse ses tableaux aux Salons, Courbet n’hésite pas à ouvrir ses propres pavillons dont un qu’il nommera « Pavillon du réalisme », pour exposer ses toiles.

On a dit effectivement que les peintures de Courbet ouvraient sur le Réalisme. Il est vrai que pour l’artiste, « l’art est ouvert à tous » et « la peinture est l’art du concret », le peintre doit représenter le monde visible non idéalisé. Et Ornans, sa ville natale, lui inspirera de belles toiles réalistes, « Un après-diner à Ornans » par exemple ou bien « Un enterrement à Ornans ». Dans ce dernier, 46 personnagessont représentés, grandeur nature, avec un très grand souci du détail, les experts y reconnaîtront en effet nombre de gens d’Ornans. Les toiles vont choquer, elles ne respectent pas les genres, les gens simples et les autres sont d’égale importance. Beaucoup de personnages sont jugés trop vulgaires et la société de l’époque n’admet pas que l’on puisse accorder autant de surface de toile à des inconnus. Journalistes, caricaturistes et intellectuels vont surenchérir dans les critiques. On lira par exemple que Courbet encanaille l’art, qu’il poursuit et recherche l’ignoble. Th. Gauthier dira de Courbet qu’il est « le Watteau du laid » ! Insensible à ces critiques, Courbet peindra « Les baigneuses » et aussi « L’origine du monde », œuvres tout aussi choquantes pour l’époque mais qui démontraient un certain féminisme, avant l’heure,et confirmaient son immense talent.

Courbet peindra plus de mille toiles et ce que l’on sait moins c’est que deux tiers de ses œuvres sont des paysages. Avec « Les demoiselles des bords de Seine » en 1856 et « Effet de neige » en 1860, Courbet annonce indiscutablement l’impressionnisme. Par ailleurs, beaucoup de ses toiles ont un format inhabituel, le très grand format est en effet commun chez l’artiste. Il peindra « Les pompiers courant à l’incendie » sur une toile de 3, 88 sur 5,80 m, « Un enterrement à Ornans » fera 3,15 sur 6,68 m et « Les baigneuses » 2,27 sur 1,93 m. Courbet est assurément infatigable, il est aussi habile car il peindra ces toiles dans un atelier de dimensions très réduites ne lui permettant pas d’avoir la vision globale de l’œuvre qu’il réalise.

Libre, avant-gardiste, peintre de la « réalité en face », Courbet ne mérite-t-il pas qu’on lui réserve une place au Panthéon, dans ce bâtiment national qui, pour l’heure, n’accueille aucun artiste ?

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0