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A galène (poste) - GALLETTI - Patrimoine de l’Avant-Pays - 05 août 2010

Plan B pour un jeudi aux conditions météo exécrables .

dimanche 8 août 2010, par Maurice DUPONT

La pluie ayant une nouvelle fois ruiné les projets de sortie des 2 groupes, Françoise S proposa d’aller participer à la journée " Patrimoine et Saveurs " ayant lieu à St Maurice de Rotherens autour du " Radio - Musée Galletti ". 6 personnes avec une parité parfaite tant hommes/femmes que groupe1/groupe Bémol partirent à 7 H 30 pour l’Avant - Pays Savoyard : Bernadette, Françoise et Edmond (gr 1) Françoise S, Guy et Maurice ( gr bémol) . Arrivée sur le parking du Musée Galletti à 8 H 20, la première manifestation de la journée, une rando-découverte de l’histoire locale est prévue à 9 H 30 . En attendant, nous partons sans sac mais avec les vêtements de pluie vers le site des Fils ( lieu où fut installée l’immense antenne-harpe de Galletti en 1912 ) . Après avoir marché sous les gouttes et dans le brouillard jusqu’à 8 h 55, nous faisons demi-tour vers le Musée en nous demandant si la rando sera maintenue avec un temps pareil ... Peu à peu arrivent des marcheur/ses, des familles avec enfants, autochtones et vacanciers, tous équipés pour la pluie et nous voici 29, dont 8 enfants entre 5 et 11 ans, emmenés par Christian, notre guide dont le sac à dos est bourré de documents, d’accessoires divers, il y a même un chat en peluche... Rien de ce qui concerne le patrimoine des pays de Savoie ne lui est étranger : légende locale de la dent du Chat, légende dorée relative à St Jacques ( le chemin de Compostelle passe dans la commune ), histoire de la Maison de Savoie, techniques de construction des maisons, flore et relief des environs, apport technologique et scientifique de Galletti etc... Tout cela associé à beaucoup d’humour, à un sens de la mise en scène et à une pédagogie vivante et captivante, qui fera malgré la pluie le bonheur des grands et des petits .

Nous partons donc pour un circuit passant par le château de Mauchamps, la Vieille Cure, la Tour de Conspectus, le hameau des Rives, un bout du chemin de Compostelle et le Musée, soit 5/6 km effectués entre 9 H 45 et 12 H 45 avec moult arrêts pour cause d’averses et pour écouter les explications de notre cicérone-metteur en scène . Au château de Mauchamps, dont il ne reste qu’une tour, nous serons initiés aux histoires de la succession et des échanges de fiefs et domaines entre le baron du Faucigny, sa fille Agnès, sa petite-fille Béatrice, les comtes de la Maison de Savoie, dont Humbert II, et même le roi de France, Philippe VI de Valois . Tel un directeur de troupe théâtrale, Christian distribue les rôles des personnages historiques aux marcheuses et marcheurs : à Edmond qui a beau protester de ses sentiments républicains échoit le rôle du Roi de France tandis que Maurice se contentera de figurer Humbert II . Notre guide incarne quant à lui le duc de Lesdiguières venu guerroyer dans les parages . Ce duc aurait fait un pacte avec le diable, prêt à lui vendre son âme en échange de la construction en un temps record d’un mur autour de son château de Vizille . Le duc fut plus malin que le Malin, réussissant à lui échapper en coupant avec son épée la queue de son cheval coincée dans le mur en question...

Après Mauchamps, retour sur la route au bord de laquelle une bâtisse vieille d’environ 150 ans incite Christian à expliquer les techniques de construction en terre . Alors extrayant de son sac de petites structures en bois qui s’emboîtent ( et se déboîtent aussitôt ...) imitant le colombage, il différencie le torchis, avec armature en bois, du pisé, donnant des murs en terre sans bois incorporé et donc échappant aux incendies dont les conséquences furent parfois terribles comme à Londres en 1666 ou plus près, à St Laurent du Pont complétement ravagé en 1820 . Après ces rappels historiques effrayants, la vue de reines-des-prés réveilla en Christian l’âme du botaniste pour qui l’origine du mot "aspirine" n’a pas de secret : de spirée, genre auquel appartient cette plante utilisée jadis contre les maux de tête . Puis le lotier corniculé aux fleurs jaune d’or fut vanté pour ses capacités d’adaptation aux différentes altitudes et , clou du spectacle, Christian avec une fleur de sauge et un brin d’herbe simula ce qui se passe quand une abeille va chercher le nectar au fond des fleurs : les étamines basculent sur son dos et le pollen se dépose puis quand elle va butiner une autre fleur de la même espèce, le pollen est déposé sur le stigmate de l’organe femelle et permet la fécondation .

De la botanique à la géologie, il n’y a qu’un pas que notre guide franchit sur le site de la Vieille Cure ( jadis lieu d’implantation du village ) au bord de la falaise dominant Champagneux et le Guiers, ancienne frontière entre la France et la Savoie, aujourd’hui invisible à cause du brouillard et des nuages . Sortant de son sac des fioles d’acide chlorhydrique avec compte-gouttes, Christian invite les enfants à faire mousser les rochers calcaires et explique l’origine du calcaire, des sédiments ( " de petits squelettes " ... ) et en quelques mots fait entrevoir le parcours du fond des océans jusqu’au plateau de St Maurice à 730 m d’altitude . Aux plus âgés, il précise que la falaise sur laquelle nous sommes est une moraine würmienne ( de la 4° période glaciaire ) . Alors qu’une grosse averse nous contraignit à trouver refuge sous un abri pour machines agricoles et à attendre, notre guide anticipa la fin du parcours et le chemin de Compostelle . Par sa voix, nous fûmes transportés dans la Légende dorée et ses récits sur St Jacques , son cousinage avec Jésus, sa " décollation ", son transport dans une barque - guidée par un ange - de Jérusalem en Galice, la coquille et son rôle pour les pélerins à qui il arrivait parfois en chemin de sombres histoires etc... Mais Bernadette et Françoise, avec leur expérience du chemin de Compostelle, apportèrent des compléments d’explication fort appréciés de tous et d’abord de Christian qui les enregistra .

La pluie ayant momentanément cessé, nous allons à la Tour de Conspectus , une des premières forteresses de la Maison de Savoie, datant du 11° siècle, dont quelques pans de mur furent mis à jour par des fouilles récentes . Là Christian devint le chevalier Josserand, gardien du domaine du Marquis de Montferrat . Avec son armure et sa grande épée, il en imposait, tout en racontant les tribulations du Marquis avec Thomas II ( et/ou III ), l’un protégé par l’évêque local mais l’autre par le pape ... Dans ces embrouillaminis, Dieu a-t-il reconnu les siens ??? Quant à l’évocation des fouilles archéologiques de 2001 à 2005, c’est sous un véritable déluge noyant documents et maquettes qu’elle se déroula . Un peu plus loin, toujous sous la pluie, à l’abri d’un arbre, Christian nous ramena au XX° siècle, expliquant l’originalité du précurseur de la TSF , Roberto Clemens Galletti di Cadilhac,, un des pionniers de la radio, qui installa non loin de là ses gigantesques antennes lui permettant de communiquer avec l’Amérique dès 1913, ce dont n’étaient pas capables les militaires de l’époque .... Et nous revînmes au point de départ vers 12 H 45 .

La responsable du musée, Joëlle, nous offrit jus de pomme, café ou thé et nous proposa une salle avec table et chaises pour déjeuner au sec et au chaud, ce que les 6 apprécièrent . Bernadette qui fêtait son anniversaire avait apporté un gâteau, il y avait de quoi se régaler, le groupe Bémol offrit son vin Rosé ...Mais les préoccupations culturelles et le désir de mieux connaître Galletti nous incita à ne point trop prolonger la pause repas . Avant 14 H, Joëlle nous présenta l’histoire et les déboires de cet inventeur, et nous passa une vidéo sur le sujet . Puis nous avons déambulé dans les salles du musée à travers une collection de photos et documents du début du 20° siècle montrant l’oeuvre de ce savant méconnu et au milieu de postes anciens, le tout retraçant l’histoire de la radio avant l’ère du transistor .

Vers 15 H après avoir acheté pain bio ou autres denrées auprès des exposants locaux, nous remontons en voiture et sous une nouvelle averse reprenons la direction de Chambéry.

Texte de Maurice - Photos de Françoise S.

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