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2019 / 04 / 11 - A la recherche du chemin perdu...

Rocher de Manettaz - Roche du Guet- Le Tapin

vendredi 12 avril 2019, par Maurice DUPONT

Ce jeudi matin à Bassens, une vingtaine de présents, moment de retrouvailles et joyeuse confusion. En effet les deux groupes Adagio et Bémol ont fixé à la même heure et au même lieu le rendez-vous de départ de leur randonnée. Il ne pleut pas, le ciel est gris mais relativement découvert du côté des Bauges davantage que sur l’Épine, le groupe Bémol décide donc de partir pour Le Tapin. Ainsi vers 9h30 débarquent des voitures près de la salle polyvalente du village de La Thuile (874 m) 14 Bémols, soit 11 dames – Catherine (de retour dans le groupe), Cécile, 2 Françoise, Jeannine, Marie-Jo, Marie-Noëlle (nouvelle parmi nous), Martine, Mireille, Monique, Nadine et 3 hommes -Bernard, Jean-Philippe, Maurice.

La randonnée commence par une mise en jambes agréable sur la rive nord-est du petit lac, dans les eaux duquel se mirent le Pic de la Sauge et le village avec son église, encadré de sapins.

Dans la luminosité du matin, les reflets de la montagne, de la colline et des arbres forment un tableau magnifique.

Marchant à la queue-leu leu au bord de l’eau, nous pouvons voir près des roseaux un foulque et son reflet dans l’eau. Arrivés à l’extrémité sud du lac, nous jetons un dernier regard vers Le Bouchet, la verte colline se reflétant dans le lac.

Puis nous prenons le chemin qui s’élève et monte droit vers le col du Mont. Les premiers crocus apparaissent avant le col ainsi qu’un bouquet de scilles en fleur.

Un peu plus loin, un crocus voisinant avec une scille en boutons, cela vaut bien un cliché.

Puis nous atteignons le Rocher de Manettaz (1080 m). Le belvédère surplombant Montmélian est au bout d’une descente entre les arbres et les rochers.

Comme l’horizon est bouché, la vallée recouverte de brume, 4 attendent sur la crête alors que les 10 autres descendent au belvédère. Ne pouvant se repaître les yeux de la vue sur la Combe de Savoie, les 10 font la pause-banane, terme inadapté aujourd’hui : en effet sont offertes zézettes de Sète, cranberries, amandes, noisettes, sans oublier le café.

Ensuite nous repartons, les 14 réunis, nous longeons la crête, où abondent les lapiaz pour parvenir à la Roche du Guet (1209 m). Lors de la montée, au bord du sentier parmi les feuilles mortes, apparaissent des nivéoles, les premières de la saison, de belles fleurs aux pétales blanc se terminant en pointe avec une tache jaune-vert.

La Roche du Guet atteinte, la visibilité depuis ce point culminant du jour n’étant pas meilleure qu’au belvédère, la halte est brève, alors nous descendons empoignant le câble servant de main courante. Au bas de la pente rocheuse couverte de lapiaz, la tête du groupe continue droit dans la forêt. L’erreur de trajectoire sera vite corrigée au prix d’une remontée vers les rochers. Cela aura permis d’apercevoir un épicéa très ancien au tronc tortueux et au branchage en forme de labyrinthe.

Après avoir repris de la hauteur, nous poursuivons notre chemin vers Le Tapin avec parfois quelque descente un peu acrobatique.

Au terme d’un sentier bordé de"bois joli" fleuri, nous débouchons Sous le Tapin (1190 m). En ce lieu ainsi nommé, les dames prennent la pose les premières, puis les messieurs.

Alors nous envisageons un aller et retour vers le sommet (1202 m). Après avoir franchi les un(e)s après les autres un passage délicat dans les rochers et gravi la pente pour atteindre le bord de la falaise, nous y sommes.

Pourquoi ce sommet est-il appelé ainsi ? Je ne sais, mais Le mot "tapin" comme le verbe "tapiner" sont à l’image de cette balade. Ancien terme picard, tapiner signifiait à l’origine : faire venir des taches sur les jambes (en se chauffant trop près de l’âtre). Ce sens a totalement disparu ; quelques siècles plus tard le verbe signifiait : battre du tambour (un tapin étant alors celui qui bat le tambour) ; après quelques évolutions linguistiques, c’est : faire la retape avec glissement de sens vers racoler bruyamment. On se rapproche du sens actuel bien connu désignant l’activité des prostitué(e)s, avec l’argot du 20ème siècle lui associant "pine"... Parcours sémantique avec perte du sens, orientation nouvelle et débouché final connu !

Bref pour revenir du Tapin au lieu dit Tapin Ouest, nous évitons le passage délicat dans les rochers et dévalons tout droit dans une combe et perdons tout balisage. Au terme de la descente, à 12h30, nous débouchons en un lieu dégagé non loin duquel se dresse un arbre balisé jaune et vert. Des rochers moussus nous incitent à y faire la pause-déjeuner. Françoise demande un altimètre pour pouvoir nous localiser avec la carte du narrateur, mais personne n’en possède. Nous commençons donc par nous restaurer.

Déjeuner ensoleillé et extrêmement convivial car 2 dames, Mireille qui entre dans une nouvelle décennie et Jeannine, notre doyenne du jour, fêtent leur anniversaire... Après la pause-déjeuner, nous avons le souci de laisser les lieux propres et donc de remporter dans les sacs tout ce qui a servi à ce festin champêtre .

La suite de la randonnée sera un clin d’œil à Bob, qui a marqué longtemps les Bémols et dont on regrette l’absence, le spécialiste des itinéraires innovants et des variantes inédites. Nous repartons donc sans trop savoir où nous allons et débouchons ensuite en bordure d’une clairière sur une vieille bâtisse marquée sur la carte IGN. Nous pensons être sortis d’affaire. Se fiant à sa carte (sans doute mal lue), le narrateur invite à suivre les traces de pas dans un névé que nous traversons.

Ensuite dans un paysage inconnu des Bémols, des barbelés bouchent le passage. Des arbres couchés par les dernières chutes de neige, permettent de franchir cet obstacle.

Nous descendons dans la forêt à la recherche du chemin perdu.

Après quelques chutes, examens improductifs de la carte IGN, Marie Noëlle, très discrète jusque là, réussit à activer le GPS sur son smartphone et à nous localiser : dans Les Combes. Avec l’appareil dans la main, Bernard va parvenir à découvrir l’itinéraire perdu.

Enfin une pancarte en bois indiquant Le Lac confirme que nous sommes bien sur le chemin retrouvé.

Un peu plus loin une branche cassée, pendant telle une épée de Damoclès au-dessus du chemin, est décrochée.

Nous rejoignons le hameau Le Mont et descendons vers le lac où les reflets matinaux ont disparu, des vaguelettes formant des rides à la surface de l’eau et de vieux troncs de saules sur lesquels poussent de jeunes branches, encadrent le Pic de la Sauge.

A 15h30, nous sommes de retour auprès des voitures, au terme d’une randonnée sans une goutte de pluie et riche en rebondissements.

Photos : Martine

Texte : Maurice

Portfolio

Au sommet de la Roche du Guet
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