Club Santé Seniors MGEN 73

2018 / 12 / 20 - Après l’enfer, le paradis blanc

Saint-François-de-Sales_Croix des Bergers_refuge de la Plate

vendredi 21 décembre 2018, par Maurice DUPONT

Il y a bien longtemps que le groupe Bémol n’avait pas chaussé les raquettes avant Noël ; or pour la première randonnée-raquettes de cette saison, peu de participants soit 8 dames – Catherine, Cécile, 3 Françoise, Geneviève, Martine, Nicole et 1 seul élément masculin : Maurice. Les 9 Bémols du jour partent pour St-François-de-Sales, font un détour en vue de récupérer un vêtement d’hiver pour une randonneuse qui a oublié le sien, franchissent le col de Plainpalais puis affrontent la route enneigée montant vers l’espace nordique de St-François et arrivent enfin avant 9h30 au parking de la station, peu fréquenté.

Dès que nous sortons des voitures, nous foulons la neige. Sa présence non négligeable sur le sol et les arbres alentour est le signe que nous avons changé d’univers, nous entrons dans le Grand Blanc.

Avant le foyer de fond et le départ des pistes, un vaste espace damé, recouvert d’une neige immaculée, que nous sommes alors les seuls à traverser, conscients de franchir non seulement la Porte de St François mais aussi celle d’un paradis blanc. Température affichée : 0 degré, il gèle certes mais le bleu du ciel rend le froid plus que supportable. Il est agréable d’enfoncer ses raquettes dans l’épaisse couche de neige tombée récemment, non souillée, de la piste serpentant entre les arbres revêtus d’un blanc manteau. Certains jeunes arbres ployant sous le poids du fardeau neigeux forment une belle arcade blanche au-dessus de la piste.

A l’arrivée aux Creusates, le jeu de la lumière du soleil faisant étinceler la neige et des ombres des épicéas bordant la tourbière donne au paysage un aspect particulier presque féerique.

A l’entrée dans la tourbière, petite halte et au sein du groupe se pose la question : "Irons-nous maintenant à la Croix des Bergers ou au refuge de la Plate ?" Une majorité se dégage pour la première destination car nous marcherons davantage au soleil. Pour plus d’un(e), faire les deux semble un objectif trop ambitieux pour une première sortie-raquettes. La suite prouvera que non...

Nous voici montant dans ce décor enneigé et ensoleillé vers le Chalet des Creusates où nous obliquons sur la gauche en direction du lieu-dit La Cascade. Nous descendons un moment entre les épicéas avant de remonter la pente à flanc de colline métamorphosée par l’épais manteau blanc donnant aux arbres et arbustes des apparences qui suscitent l’admiration ou la rêverie. Là des fleurs de neige sont saisies par l’objectif de la photographe.

Au-delà des épicéas dressant leur fière silhouette à la fois sombre et blanche, les montagnes des Bauges enneigées, couronnées de masses nuageuses cotonneuses, se montrent sous un aspect peu commun.

A 10 h 45 la Croix des Bergers érigée sur la hauteur (1370 m), en une zone fréquentée pendant l’Occupation par les Résistants, est atteinte par le groupe qui fait la pause-banane en ce lieu d’où la vue s’étend à l’ouest vers la plaine d’Aix et du côté opposé vers les Bauges.

Un fondeur (hors piste) se propose de prendre le groupe complet en photo mais coupera la croix d’où une seconde photo de cette dernière, blanchie par la neige, avec les seules randonneuses (qui constituent l’écrasante majorité du groupe).

En ce haut lieu où souffle un froid bisolet, nous ne nous attardons guère et redescendons vers la Cascade. En chemin d’autres formes curieuses créées par la neige attirent le regard : dame blanche et son baluchon ou hermine dressant la tête...

Sans oublier le spectacle hiémal des Creusates avec les arbres, feuillus et résineux associés, illuminés par les rayons du soleil.

De retour à la Cascade, décision est prise par le groupe de gagner par Fontaine froide le refuge de la Plate, annoncé à moins d’une heure de marche. Nous voici ouvrant la piste dans la neige profonde vers la Grange de la Plume. Là nul instrument d’écriture mais une cloche accrochée à l’extrémité d’une poutre et Cécile joue la carillonneuse pour la photo souvenir.

Un peu plus bas nous passons auprès d’un chalet avec une réserve de bois minutieusement empilée, rangée selon le calibre des bûches et soigneusement protégée de la neige. Ce qui fait supposer à l’une de nous que son propriétaire est un maniaque...Après Fontaine froide, nous franchissons un ruisseau en partie gelé puis nous remontons dans la forêt sur le versant opposé dont le soleil n’éclaire que la partie sommitale.

Ayant rejoint le GR du tour des Bauges, nous prenons à droite en direction de La Plate, le soleil faisant fondre la neige recouvrant les branches. A midi nous atteignons le refuge de la Plate, ouvert avant la date officielle.

Le gérant qui attend un groupe de 25 personnes adeptes des raquettes, nous propose de manger en terrasse. Il met en service les tables de bois dressées verticalement pour éviter d’avoir à déneiger une belle quantité de poudreuse et prépare pour nous du vin chaud qui sera très apprécié.

Autour d’une table, Catherine et Nicole étant assises à la table voisine, nous pique-niquons de façon très conviviale avec des desserts sortant de l’ordinaire à l’approche de Noël, une mention spéciale aux mini Stollen – gâteaux traditionnels allemands aux fruits secs et confits- offerts par Cécile, la germanophone du groupe....

Lorsque le soleil passe derrière les sapins, nous nous préparons au départ.

Après les photos de groupe, nous quittons le refuge.

Nous repartons marchant au bord étroit et inconfortable de la piste mixte fond-raquettes entourée d’arbres aux branches fort joliment enneigées.

Puis nous contournons la doline sur la droite.

Après quoi nous faisons une halte ensoleillée auprès d’un chalet portant une pancarte "Place des alpages". L’hiver, quelques edelweiss, une vache avec sa clarine et l’écusson de Savoie suffiront à justifier cette appellation.

Après une traversée des Creusates où l’on peut tracer sa piste à son gré, c’est le retour dans la forêt où, pour qui sait s’étonner de la féerie de l’hiver, un bonhomme vu de dos avec son bâton semble nous précéder sur la piste.

Après 14h30 nous sommes de retour au parking au terme de cette première sortie-raquettes de toute beauté.

Photos : Martine

Texte : Maurice

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0