Club Santé Seniors MGEN 73

2018 / 12 / 13 - Un enfer polaire

Boucle des passerelles et Trou de l’Enfer

vendredi 14 décembre 2018, par Maurice DUPONT

Claudette, Dominique, 2 Françoise, 2 Geneviève, Martine, Maxime, Bernard, Maurice : seulement 10 Bémols partant ce matin pour le Trou de l’Enfer. Le fond de l’air est glacial, c’est donc bien emmitouflés que les 10 courageux entament à 8h45 la randonnée depuis le parking faisant face à la pharmacie de Leysse. Au début, sur la petite route menant au hameau Le Bout du monde, la mise en jambes est tranquille : nous enjambons la Leysse (que nous longerons longtemps mais de haut et de loin) puis son affluent la Doria. Malgré les gants, les doigts sont gourds ; "j’aurais dû prendre des moufles" entend-on dans le groupe. Quelques curiosités au bord de la route nous ramènent au temps des moulins à eau et des guinguettes au bord de l’eau.

Après un barrage et son échelle à poissons, d’où une jolie cascade, nous montons dans la forêt en suivant le Sentier des vignes.

L’appellation a survécu à la disparition du vignoble de St Jean d’Arvey implanté jadis dans la pente dominant la Leysse. La terre est gelée, le sentier monte en longs lacets avec des passages en escalier, quelques replats, de brèves descentes avant de remonter de plus belle. Parfois un ancien sarto ou ce qu’il en reste permet d’apercevoir une belle cheminée de pierres mais l’âtre est vide.

Plus loin, un autre petit édifice dont la charpente en ruine offre un cadre d’enfer permettant au groupe de prendre la pose.

Sur le bord du sentier une belle fougère réputée pour être extrêmement résistante au froid semble s’incliner à notre passage.

Nous franchissons plusieurs ruisseaux et parfois tout au bas de la pente, la Leysse que nous entendons bouillonner apparaît entourée d’arbres couverts de givre.

A 10h15 nous voici tout proches du château de Salins, en bordure d’un pré à l’herbe plus blanche que verte, nous faisons la pause-banane debout, seuls Bernard et Françoise n’ont pas craint de s’asseoir. Pendant cette halte roborative, la photographe réalise des clichés artistiques de feuilles décorées de givre.

Nous repartons alors que le soleil pointe timidement le bout de son nez, pas de quoi nous faire ôter un vêtement... Au lieu dit Les Lantillères, le sentier croise le GR de pays-Tour du Plateau de la Leysse et commence alors la descente vers le Trou de l’Enfer, mais descente entrecoupée de passages en pente ascendante : il faut en faire des pas avant la passerelle du Trou de l’Enfer !!! Une descente dans un escalier fait de rondins mobilise notre attention ; nous regardons davantage où nous posons les pieds que le décor de la rivière faisant des méandres autour d’un gros rocher.

Pourtant cela vaut le coup d’œil et même plusieurs clichés. Encore une pente à gravir à la queue leu leu avant de plonger en direction de la passerelle himalayenne qui franchit la Leysse 8 mètres au-dessus de l’eau. Les câbles, les planches du tablier et des garde-corps, tout est recouvert d’une pellicule de glace. Rien à voir avec la satanée imagerie des flammes dévorant les damnés précipités en enfer !

Le temps d’une photo et nous voici tous réunis sur l’autre rive. Dès lors il nous faut remonter sur le versant opposé et Bernard ouvrant la voie, le groupe s’étire le long des lacets qui s’enchaînent, alors que le bouillonnement du Ternèze se fait entendre sur notre droite. Un bel anticlinal -il fallait être géologue pour le repérer entre les branches- et les falaises enneigées du Margériaz -remarquées par tous-

voilà le paysage qui se donne à voir depuis le versant Puygros. Lors d’une halte, Françoise, collectionneuse en diable des végétaux, s’écarte du chemin pour cueillir en contrebas des rameaux de houx ornés de belles boules rouges, qu’elle transportera ensuite dans son sac.

A 11h45, nous voici sortis du trou infernal et arrivés Côté du Sordet ; au bord de la petite route vicinale de gros blocs de pierre vont servir de sièges pour un pique-nique au soleil.

Après un déjeuner chaleureux et convivial, nous repartons vers 12h30.

Quelques instants de marche sur l’asphalte et au lieu-dit Le Verger le GR entre dans la forêt, longeant le Ternèze. Sur le chemin nous voyons des œuvres d’art créées par le froid et le gel

et au bord du Ternèze un paysage féerique.

A 13h15 nous atteignons la passerelle de Boyat et nous pouvons admirer le canyon du Ternèze avec arche de pierre, marmites de géants, cascade.

Après quoi nous suivons la rive gauche de cet affluent de la Leysse. Nous descendons pour remonter ensuite vers les ruines du moulin de Fontaine Froide où nous pouvons encore apercevoir les meules monolithes recouvertes de mousse ainsi que des panneaux expliquant le travail de la meunerie jadis.

Nous sommes au point le plus éloigné de la randonnée, à peu de distance du chef lieu de Curienne. Maintenant il nous faut rejoindre le parking de Leysse sans nous tromper. Attentifs aux balises bleues sur les arbres, nous marchons longuement sur le sentier forestier tapissé de feuilles mortes, quelques feuilles de noisetier encore vertes venant décorer la chaussure d’un Bémol...

Au terme d’une descente, alors que les balises bleues invitent à tourner à droite, le Sangerain à la tête du groupe emprunte le chemin de gauche censé conduire vers le château de La Bâtie, chemin longeant sur la hauteur la Leysse. Que c’est long ! Parfois le doute s’insinue dans les esprits, aucun profil de château ne se dessine au loin entre les branches des arbres. Sur le talus, des coprins des forêts semblent se blottir les uns contre les autres pour se protéger du froid.

Plus loin un grand champignon à lamelles est dur comme du bois, saisi par le gel.

Enfin après 15 heures le chemin débouche sur la D 11 tout près du portail du château de La Bâtie.

Une halte sur le muret bordant la route puis nous replongeons dans la forêt pour la dernière portion de notre itinéraire passant sous le château et descendant vers Leysse. Quelques flocons de neige nous accompagnent dans ces dernières minutes de marche.

A 15h35 nous atteignons le parking de départ, contents et fiers des 710 m de dénivelé cumulé et des 13 km parcourus.

Photos : Martine

Texte : Maurice

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