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2018 / 11 / 08 - Un pour toutes toutes pour un, de belvédère en belvédère

De N D de la Montagne (Yenne) à la Grange de Queboutanne (Traize)

vendredi 9 novembre 2018, par Maurice DUPONT

Sous la pluie vers 8 heures à Bassens sept Bémols sont perplexes, deux randonneurs viennent de faire savoir leur désir de rester à l’abri chez eux, une autre coincée dans les embouteillages arrivera après l’heure de départ et retournera chez elle, et près du tunnel du Chat combien sont-ils ? 3 dames attendent. Quand les dix franchissent le tunnel, ils ont la surprise de voir du ciel bleu, gage de beau temps et une randonneuse venue de l’Ain les attend au point de départ sur les hauteurs de Yenne.

Ainsi après 9 h 15 ce sont 11 Bémols qui entament la randonnée des belvédères, soit 10 dames : 2 Bernadette, Chantal, Claudette, Françoise, Geneviève, Martine, Marie-Noëlle (nouvelle venue dans le groupe), Michèle, Nicole et 1 homme, inutile de le nommer... Peu après le départ, premier arrêt devant la chapelle de N D de la montagne.

Devant la grille d’entrée, Bernadette entonne un chant religieux, sa voix harmonieuse, accompagnée de quelques autres, s’élève dans le silence puis nous reprenons la marche vers le premier belvédère celui du tombeau de Pierre Boisson, tombeau édifié au 19ème siècle dans la falaise de la rive opposée du Rhône. Pour être enterré en ce lieu, ce franc-maçon qui avait fait fortune au Mexique dut accomplir un travail de Sisyphe, les autorités religieuses lui ayant interdit le cimetière de la paroisse. Depuis ce belvédère, vue magnifique sur le Rhône (le vrai et non le canal) où se mirent dans la lumière automnale les arbres de la rive et le pont de Nattages.

Nous continuons sur le chemin marqué de la coquille de St Jacques et bordé de bruyère dont Françoise confectionne un bouquet.

A 10 h 45, nous atteignons le belvédère de Pierre Châtel, à la fois confluent du vieux Rhône et du Canal du Rhône et ancienne forteresse stratégique servant de résidence secondaire préférée de la Maison de Savoie où le Comte Vert fit édifier en 1383 un monastère de chartreux. Après avoir contemplé les bâtiments de cette Chartreuse surplombés par l’imposant Fort Les Bancs, nous faisons la pause-banane.

Après cette halte nous repartons pour le belvédère du Rhône aménagé (avec deux écluses) entre Pierre Châtel et la confluence du Rhône et du Guiers.

Martine, la Peyriolane, face au paysage qui s’ouvre à nos yeux, identifie les villages : Virignin et ceux quasiment homonymes de Peyzieu et Peyrieu, montre l’itinéraire conduisant de Peyrieu à Izieu .

Après ces explications, en route vers la Croix de Chevru datant de 1650, croix massive et noircie par la patine des siècles.

Puis le GR nous conduit à Pré Cevin, appellation relevant de l’époque où la croix de Chevru était édifiée dans un pâturage aujourd’hui totalement envahi par les taillis. Nous montons à la queue leu leu sur le chemin où des rochers sont saillants et parfois des dalles affleurent.

Dalles mouillées par la pluie de la nuit et donc glissantes. Et il arrive qu’on chute, puis entouré des autres inquiets, on reprend ses esprits, on se relève et on repart.

Après avoir atteint le lieu-dit Les Farnets où il ne subsiste qu’une ancienne maison en ruine masquée par les arbres, nous entamons la dernière grimpette avant de parvenir au lieu prévu pour le pique-nique, la Grange de Queboutanne qui fut un haut lieu du maquis de la commune de Traize où s’étaient repliés quatorze soldats d’origine slovènes enrôlés de force dans l’armée allemande avant de déserter et rejoindre les résistants locaux. Grange brûlée par l’Occupant en janvier 1944 et restée depuis en l’état.

Au terme de la montée nous débouchons de la forêt en un espace ouvert et ensoleillé devant les restes de la cabane . L’idéal pour une pause-déjeuner exposée aux rayons du soleil de midi. Assis dans l’herbe sur une même ligne les 11 pique-niquent dans la bonne humeur...

Après cette pause conviviale, comme de coutume, vers 13 h 30, le soleil commençant à se cacher derrière les nuages, nous songeons au retour. Par quel itinéraire ? Par le hameau nommé Les Couleurs ? Non, nous sommes largement comblés par les couleurs d’automne des arbres et nous revenons un moment sur nos pas jusqu’au lieu-dit Pré Cevin. Là une petite halte permet de rattacher les lacets de ses chaussures avant de prendre la direction du hameau de Chevru, annoncé à 25 minutes.

Au bord du chemin recouvert de feuilles mortes qui craquent sous les pas, les arbres aux branches surchargées de mousse témoignent de l’humidité du site.

Après avoir traversé sous le soleil le hameau de Chevru, hameau calme et paisible de la campagne de l’Avant pays, où d’anciennes maisons de grandes dimensions et aux belles pierres d’angles sont retapées en résidences secondaires, où les pommes tombées à terre pourrissent sous les pommiers, nous empruntons une petite route jusqu’au hameau suivant Le Curtelod sans que nous rencontrions une voiture pendant notre marche sur le macadam.

Le long de cette portion goudronnée, des prés où paissent de jeunes bovins étonnés de voir passer un groupe de randonneurs.

Sur le talus, une colonie de champignons serrés les uns contre les autres, certes non comestibles, nous fait regretter l’absence de mycologues pour les identifier et de la photographe attitrée qui aurait pu faire un cliché plus recherché.

Après Le Curtelod, nous empruntons un chemin champêtre d’où nous pouvons apercevoir la Dent du Chat sous sa face transpinalienne .

Au-delà, les montagnes aperçues suscitent des questions sur leur identité : Le Semnoz ? La Chambotte ? Ou tout simplement Le Revard ? Mais oui ; il faudra d’ailleurs un certain temps pour convaincre tout le monde. Le chemin nous conduit vers le lieu-dit La Prison, que n’importe quel détenu aimerait avoir comme lieu de séjour, en effet aucune clôture ni barrière... Nous voici désormais sur une portion de l’itinéraire matinal ; près du belvédère de Pierre Boisson, un dernier regard sur le Rhône dans une luminosité presque vespérale.

A 15 h30 nous sommes de retour auprès des voitures, ravis de cette randonnée tranquille (à peine 400m de dénivelé) effectuée dans un décor automnal magnifique à un rythme tout à fait bémol.

Texte : Maurice avec les photos de Chantal

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