Club Santé Seniors MGEN 73

2018 / 08 / 02 - Le lac a perdu les eaux...

Pré Raymond (Revel) - Lac du Crozet - Col de La Pra

vendredi 3 août 2018, par Maurice DUPONT

La randonnée de ce jeudi en massif de Belledonne débute sur la commune de Revel (38) au bout de la petite route menant au parking de Pré Raymond (1372 m) déjà plein de voitures. Les 10 Bémols du jour y débarquent à 8h45 : Cécile et Axelle (correspondante du groupe en Allemagne), 2 Geneviève, Martine (qui connaît le parcours depuis son enfance), Maxime, Sylviane et Claude, Bernard, Maurice.

A cette altitude la canicule est supportable d’autant plus que la randonnée commence en forêt dans un espace Natura 2000 dédié à la conservation de la biodiversité. Dès le départ le chemin monte raide sous les épicéas. Claude qui se sent pousser des ailes s’échappe rapidement du groupe et les 9 autres s’étirent sur le chemin caillouteux, envahi souvent de racines proéminentes, chemin pentu aux innombrables lacets.

Au sortir de la forêt, petite halte avant de suivre un sentier dominant la vallée du Grésivaudan et permettant de voir face à nous la Chartreuse. Le sentier, désormais plus rocailleux, longe au pied de pitons rocheux de vastes éboulis dont le « ravin du mercier ». Sur le bord du sentier une fleur magnifique retient l’attention de la photographe.

Après avoir traversé deux petits rus, nous continuons à monter et à 10 h 30 en un endroit dégagé nous faisons la pause-banane, assis sur ou auprès de blocs rocheux.

Après cette halte, nous repartons, bientôt nous apercevons la conduite forcée qui descend l’eau du barrage dans la vallée et après avoir atteint le « cul de la vieille », ainsi est nommé par les autochtones l’endroit où de la roche noire sourd une eau très fraîche, nous arrivons à 11 heures au niveau du barrage du Crozet (1974 m). Une surprise nous attend : au lieu du lac d’altitude étalant majestueusement ses eaux turquoise derrière le mur du barrage adossé à un verrou glaciaire,

nous sommes en présence d’une première vaste cavité dans les rochers au fond de laquelle subsiste un peu d’eau.

Ici le travail est bien avancé : des ouvriers s’affairent à consolider le mur construit en 1889 à l’initiative d’Aristide Bergès, pionnier de l’hydroélectricité. La montagne a accouché d’un spectacle insolite révélant la face habituellement invisible du lac avec ses 2 parties séparées par une barre rocheuse. Ainsi au pied du Rocher Mottin, après la partie asséchée, s’étale une étendue d’eau d’un beau bleu et nous voyons à flanc de montagne la marque du niveau habituel de l’eau.

La halte prévue au bord du lac sera brève et cela aura pour heureuse conséquence que tout le groupe va poursuivre jusqu’au col de la Pra, alors que Maxime pensait initialement ne pas aller au-delà du lac du Crozet . Mais demeurer aux abords d’un chantier à attendre les autres n’est guère envisageable.

La marche dans ce décor minéral sauvage réveille le savoir géologique chez nos 2 spécialistes : Geneviève et Martine ; celle-ci signale que nous crapahutons sur des gabbros, roches à l’aspect particulier provenant du fond de l’océan primitif existant en ces lieux il y a un demi-milliard d’années.

Elle évoque également les amphibolites, péridotites, serpentinites, toutes ces appellations résonnant aux oreilles des profanes comme des rimes sibyllines. Lors de la progression dans les rochers une odeur pestilentielle de quelque bête crevée nous fait presser le pas. Heureusement quelques fleurs apportent une touche de beauté en ces lieux.

Avec un petit souffle d’air qui rend la montée plus facile, nous nous éloignons du lac du Crozet dont nous voyons surtout maintenant la seconde partie emplie d’eau à un niveau très bas.

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Le barrage du Crozet en temps normal

Dans la grimpée vers le col, nous passons auprès d’un tout petit lac au bord duquel poussent des linaigrettes aux boules cotonneuses.

A 11 h45 Bernard qui marche en tête désormais arrive au col de la Pra (2186 m), moins de 10 minutes plus tard tout le groupe l’aura rejoint, après avoir gravi les lacets sur le flanc nord du col. Avoir effectué un dénivelé d’au moins 800m est un motif de fierté pour les 10 et cela creuse l’appétit. C’est pourquoi nous cherchons un lieu propice à la pause-déjeuner, juste au-delà du col à l’écart du chemin.

Tout près d’un petit lac bordé de linaigrettes et envahi de plantes aquatiques, des rubaniers à feuilles étroites, face aux cascades du Domènon, nous nous posons pour un repas agréable et très convivial.

Après le déjeuner, temps de repos et d’échanges à propos des randonnées prochaines ;

certain(e)s vont voir de plus près le petit lac où nagent des tritons.

A 13h15, nous prenons le chemin du retour en suivant le même itinéraire qu’à l’aller. Quelques curiosités mériteront un cliché, une galle du rhododendron, des gentianes champêtres

Et le bouquetin qui a péri dans les rochers et d’où émane une puanteur augmentée par la chaleur.

Après le barrage du Crozet, nous repassons le long des éboulis et donc du « ravin du mercier » où Martine jette une pierre. Selon la tradition, un colporteur y aurait été assassiné ou y aurait perdu la vie surpris par les premières neiges et il est bon de jeter en passant un caillou dans ce ravin...

Une dernière halte avant la longue descente dans la forêt et à partir de 15 h45 nous arrivons au parking. Geneviève (celle qui n’est pas géologue) annonce un parcours de 10 KM 700, plus les 1200 m à pied pour les passagers de la voiture de Bernard. Après cette remarquable randonnée en Belledonne, nous reprenons la route en direction de Bassens.

Photos : Martine

Texte : Maurice

Portfolio

Travaux au barrage du Crozet
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