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2018 / 06 / 07 - On a trouvé ça beau mais boueux

Col du Granier - Pointe de la Gorgeat

vendredi 8 juin 2018, par Maurice DUPONT

Pour une seconde tentative, la randonnée dédiée à Vénus ou plutôt à ses sabots n’a pas attiré grand monde ; seuls 6 Bémols se retrouvent ce matin au lieu de rendez-vous à Bassens : Cécile, Françoise, Marie, Martine, Maxime, Maurice. Avant 9 heures, les voici débarquant des voitures au col du Granier (1134 m), point de départ de cette randonnée cartusienne. Une petite fraîcheur, un paysage bien brumeux et une végétation encore chargée d’eau de pluie, voilà ce qui nous attend.

Dès le début de la marche, alors que nous faisons un aller et retour vers le belvédère aujourd’hui enveloppé de brume, Martine découvre d’emblée deux orchidées, une néottie nid d’oiseau au port majestueux et un premier sabot de Vénus, sans doute malmené par les orages.

La présence de cette orchidée vénérienne (au sens étymologique = de Vénus) nous laisse espérer la rencontre d’autres plus belles. Puis nous revenons sur le chemin des Granges de Joigny et faute d’admirer les sommets de Chartreuse, l’horizon étant bouché, nous humons les suaves senteurs de l’herbe mouillée et des fleurs multicolores tapissant les prés des deux côtés du chemin.

Et c’est l’arrivée au hameau des Granges, où une bâtisse à l’aspect original évoque pour l’une de nous une datcha, une maison de sorcière pour une autre... A quelque distance du chemin, dans l’herbe, des chèvres sont couchées, préférant être plutôt en pleine nature que dans leur chèvrerie, immense tente en plastique sur arceaux métalliques.

Au lieu-dit La Corniole nous empruntons le chemin du col de la Gorgeat, chemin avec des dalles rocheuses où sont incrustées des ammonites dont une entière de belle taille bien connue des randonneurs.

Et d’autres moins complètes ou à l’état fragmentaire.

Nous voici au début d’une longue montée sous les hêtres ; sur le bord du chemin un beau lys martagon avec ses boutons floraux, comme une invitation à revenir plus tard au moment de la floraison. Plus loin à l’écart du chemin un sabot de Vénus solitaire semble nous narguer. Le sol détrempé et glissant ne facilite pas notre progression.

"Et la pause-banane ?" entend-on de temps à autre. L’endroit idéal pour faire une halte est le col, mais plus on monte, plus la pente est raide, plus le chemin est boueux.

Il faut parfois s’éloigner du chemin pour éviter de s’embourber, mais même alors les glissades ne sont pas exclues. Entre Cécile qui ouvre la marche et Françoise qui fait la serre-file, les écarts se creusent. C’est à la satisfaction générale que le col de la Gorgeat, pratiquement à égale distance des deux sommets au programme du jour, est atteint avant 11 heures. Il est grand temps de faire la pause-banane, assis sur des troncs d’arbre ou des pierres. Cécile nous offre des parts d’un gâteau au chocolat noir, réservant un autre au citron pour la pause-repas. Tout en reprenant des forces, nous envisageons la suite des événements. Vu l’état des chemins et la météo incertaine, nous décidons de raccourcir la randonnée, ainsi nous ne monterons pas au Mont Joigny ni ne redescendrons par le sentier plongeant vers Les Ravines. Nous nous contenterons de la Pointe de la Gorgeat (1486 m) que nous atteignons peu après avoir repris la marche.

Arrivés au point culminant de notre randonnée tronquée, nous sommes entourés par la brume dans laquelle se dresse le squelette d’un arbre mort qui, faute de panorama, retient l’attention de la photographe. Assises sur des blocs rocheux, les cinq randonneuses souriantes, telles des prêtresses modernes de la déesse, dédiées au culte (laïque) de ses sabots.

Si elles lèvent le pied, ce n’est point pour signifier un quelconque ralentissement de leurs activités mais pour bien montrer leurs chaussures qui ont affronté la boue et la gadoue dans la quête des orchidées de Vénus.

Peu à peu la brume se dissipe laissant apercevoir la vallée des hameaux d’Entremont-le-Vieux, avec au premier plan le Grand Carroz.

Un peu de ciel bleu et un timide soleil nous accompagnent le temps de la pause-déjeuner qui sera fort conviviale, encore davantage que de coutume vu que Cécile nous invite à fêter royalement son anniversaire...

Avant de redescendre de la Pointe de la Gorgeat, Martine s’aventure du côté du col de la Drière pour tenter d’apercevoir et photographier le lac du Bourget mais la vue n’est pas dégagée autant qu’il le faudrait.

Nous repartons et au col de la Gorgeat, laissant à notre gauche le mont Joigny, nous descendons par le chemin du matin vers la Corniole. La descente redoutée à cause des passages bourbeux et glissants se déroule relativement bien ; à l’arrière une glissade du seul homme du groupe passera inaperçue. Au milieu du chemin deux escargots touchés par les flèches du fils de Vénus, Cupidon, sont étroitement unis ; des mains bienveillantes les déposent à l’écart, sur les feuilles mortes du talus sans que cela interrompe leur accouplement.

Arrivés aux Granges de Joigny, nous faisons une halte sur des blocs rocheux, alors que le soleil se manifeste davantage.

De l’autre côté du chemin, des moutons noirs et blancs, d’une race peu courante en notre région, suscitent questions et discussions.

Alors que nous sommes assis, un chat du hameau s’approche en quête de caresses et se couche tranquillement sur la veste et le sac de Françoise.

Après avoir lézardé au soleil, nous repartons sur le chemin vers le col du Granier, dominé par les falaises encore enturbannées de brume.

Les raiponces bleu-violet et autres fleurs de la prairie embaument ;

d’autres orchidées -orchis grenouille, grandes listères, céphalanthères de Damas, platanthères-

nous préparent à la dernière vision que nous garderons de cette randonnée, celle de sabots de Vénus à quelques pas du chemin et à quelque distance du parking.

Si nous revenons avec des chaussures et habits maculés de boue, les sabots laissés par Vénus ont comblé notre attente.

Photos : Martine

Texte : Maurice

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