Club des retraités de la MGEN en Savoie
Accueil du site > 05. Activités > Randonnées pédestres "Les Bémols" > Récits-groupe Bémol - 2018 > 2018 / 04 / 12 - Princes et princesses en quête de trône rouge

2018 / 04 / 12 - Princes et princesses en quête de trône rouge

La Montagne des Princes

vendredi 13 avril 2018, par Maurice DUPONT

Après la visite aux jonquilles de Transpinalie la semaine dernière, la randonnée dédiée aux fleurs de ce jeudi aura une connotation princière. Vu la destination, la montagne au-dessus de Seyssel, les 10 Bémols du jour peuvent s’imaginer être momentanément 7 princesses – Françoise et Françoise, Jeannine, Martine, Maxime, Mireille, Monique- et 3 princes -Bernard, Edmond, Maurice.

Ainsi à 9h30 la fine fleur du groupe Bémol débarque des carrosses près du réservoir du hameau Le Crêt (545 m). Et c’est parti dans la fraîcheur du matin, sous un ciel un peu voilé mais la journée sera belle ; destination : la Ferme du Comte. Commence alors une montée assez raide sur la piste forestière, Françoise, la doyenne des princesses et Edmond, le prince doyen des dix fermant la marche. Arrivés au lieu-dit Sous Platabosson (655 m), nous faisons une première halte puis nous empruntons le petit chemin du belvédère du Mont des Princes.

Au bout d’un moment, nous voici sur un sentier pentu partant sur la gauche et bordé de buis desséchés, ravagés par la pyrale et encore infestés de petites chenilles tombant sur nos sacs et sur nos vêtements. A la tête du groupe, Bernard le prince le plus grand et le plus jeune, emporté par sa démarche aérienne, semble parfois s’envoler. Sur les bords du sentier, un œil attentif peut remarquer des feuilles vertes décolorées avec des fleurs déjà passées, fanées, ayant perdu leur noble et belle apparence. Les princesses et princes du jour se seraient donc déplacé(e)s trop tardivement ? Vers 10 h45 nous parvenons sur un plateau, lieu habituel de la pause-banane.

Nous nous arrêtons et nous nous requinquons, dans les environs quelques lathrées écailleuses sont repérées et photographiées par Martine, la princesse chargée de mettre dans sa boîte magique les beautés de la nature.

Mais point de ces fleurs printanières et princières dont l’appellation évoque le rouge. Nous repartons et à l’embranchement de La Corbeuraz (870 m), trois princesses et un prince – Françoise, Jeannine, Maxime et Edmond – décident de prendre au plus court pour gagner les terres de leur vassal et montent donc directement vers la Ferme du Comte (931 m). Les six autres se rendront au belvédère et continueront leur itinéraire en direction de La Renardière.

Au belvédère, les six peuvent depuis le bord de la falaise admirer le Val de Fier, encaissé entre la montagne des Princes et celle du Gros Foug, depuis le village de Vallières à l’est jusqu’au Rhône et Anglefort à l’ouest.

Bien leur en a pris de passer par là, en effet les premiers érythrones (objet de leur quête) avec des fleurs aux pétales dignes d’un cliché sont enfin aperçus.

Plus loin dans les lapiaz ou les lapiés (employons les deux noms pour faire plaisir notamment à la princesse Françoise) abondent les jonquilles, dont l’époque de la floraison est plus longue.

Parfois jonquille et érythrone cohabitent fort harmonieusement.

Le chemin traverse un véritable champ de jonquilles et un hellébore fétide apparaît à nos yeux. Serait-ce pour signifier la folie qui guette celles et ceux qui se prennent pour des personnages princiers ?

Les six continuant leur marche sur le chemin qui descend et descend toujours s’éloignent de plus en plus de la Ferme du Comte ; ils craignent de s’être fourvoyés. Sortant la carte I G N, les 2 princes Bernard et Maurice décident dans une zone dégagée de monter tout droit dans la pente herbeuse, avant d’avoir atteint La Renardière. Bon gré mal gré, les quatre princesses les suivent et bientôt les six débouchent sur un vieux chalet entouré d’une table rustique avec bancs faits d’anciennes traverses de chemin de fer, d’une baignoire-sabot et d’un barbecue original constitué d’une antique chaudière en fonte découpée au-dessus du foyer.

En prime, vue sur la Tournette et le Mont Blanc.

Un peu plus haut le chemin balisé montant de la Renardière est rejoint et bientôt l’étang de la Ferme du Comte dans lequel se mirent les arbres, la longue bâtisse et nos silhouettes.

Les six sont donc sur le point de rejoindre les quatre autres qui les attendent depuis un bon moment et ont réservé l’emplacement de la pause-déjeuner.

Le temps de la pause, les dix abandonnent leur personnage princier pour redevenir des roturiers, bons vivants, assis en rang d’oignons sur les blocs rocheux avec à leur droite la Ferme du Comte et sa mare et à leur gauche l’étang au bord duquel sont arrivés des adeptes d’équitation.

Repas joyeux et convivial à souhait : Jeannine fête son anniversaire avec un succulent gâteau aux noisettes, Monique son retour dans le groupe et Françoise, la spécialiste des pains d’épices et gâteaux au chocolat, nous offre des parts d’un délicieux gâteau de sa confection.

Après le repas, discussions à bâtons rompus et la photographe fait une excursion dans le petit bois plus haut où elle prend de superbes clichés d’érythrones.

A 13h15 après avoir contemplé encore une fois le panorama depuis la Ferme du Comte, nous prenons le chemin du retour.

Redevenus princesses et princes, nous descendons dans le bois où parmi les ruines du hameau de Pantet un panneau commémore les actes des jeunes maquisards de l’Albanais pendant l’Occupation.

Nous poursuivons la descente du côté de Droisy ; au loin le château de Clermont (demeure du Comte)

et tout près du chemin les derniers érythrones.

Soudain la tête du groupe est avertie qu’à l’arrière, le prince doyen vient de s’apercevoir qu’il a perdu les clés de son carrosse et remonte avec la princesse Françoise, la moins âgée, au lieu de la pause-déjeuner pour tenter de les retrouver. S’ensuit un long arrêt au bord du chemin dans l’attente du retour des deux chercheurs de clés, c’est l’occasion de photographier les princesses faisant une pause-vitamine D prolongée.

Edmond et Françoise sont enfin de retour mais sans les clés, cela plombe quelque peu l’ambiance de la fin de randonnée. Finies les rêveries princières, diverses hypothèses sont émises : les clés sont peut-être tombées dans l’auto ou aux abords de celle-ci avant le départ de la randonnée et si elles étaient tout simplement restées dans la voiture d’Edmond à Bassens... Il faut en avoir le cœur net, c’est ainsi que Bernard et Maurice accélèrent le pas pour savoir plus vite de quoi il retourne. Après la sortie de la forêt, les Combes et la jonction avec la départementale 57 menant à Droisy sont atteintes rapidement. La marche sur le goudron offre une belle vue sur l’agglomération de Seyssel étalée des deux côtés du Rhône.

Des violettes jettent leurs touches colorées sur les rochers bordant la route.

Au moment où nous quittons l’asphalte pour les derniers hectomètres menant au parking du réservoir, il est proposé à Edmond ainsi qu’aux 2 doyennes, Françoise et Jeannine, d’attendre au bord de la route qu’on vienne les chercher en voiture ; proposition acceptée. A la fin de la randonnée, la voiture qui a véhiculé Edmond est soigneusement inspectée, pas de clés. Il ne reste plus qu’une hypothèse si l’on veut être optimiste. Ce sera la bonne, quel soulagement lorsqu’à Bassens, on voit les clés d’Edmond, restées sur le Neiman de sa voiture. Tout est bien qui finit bien.

Tous les participants se souviendront de cette belle randonnée enrichie de fantaisie et de suspense.

Photos : Martine

Texte : Maurice

Portfolio

Une pâquerette originale vue sur le parcours Panneau commémorant les maquisards du hameau de Pantet
SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0