Club des retraités de la MGEN en Savoie

2017/11/30 -Sept valeureux ont bravé l’Enfer

Leysse- Le Bout du Monde- Le Trou de l’Enfer- Canyon de Terneze

samedi 2 décembre 2017, par Martine VIANNEY LIAUD

Mais que sont les Bémols devenus ? 29 gambadaient dans les environs de Corbel jeudi dernier et aujourd’hui seulement 7 sont prêts à affronter les intempéries annoncées par la météo, discipline encore peu fiable, jouant de mauvais tours à celles et ceux qui s’y fient. Ce matin ni neige ni pluie, il y a même un peu de ciel bleu entre les nuages, ce qui conforte les 7 présents sur le parking de Bassens -Edmond, 2 Françoise, Jeanine, Martine, Maxime, Maurice- dans leur désir de randonner.

Ainsi chaudement vêtus, laissant leurs voitures à Leysse (316 m), les Bémols du jour se mettent en marche à 9 heures et quelques pas plus tard c’est déjà la campagne ou quelque chose qui lui ressemble avec des poules coquettement installées en bord de route.

Puis après un petit pont sur la Doria, nous longeons ce qui reste des installations d’un ancien moulin et nous voici déjà au Bout du Monde, hameau de St Jean d’Arvey, rencogné entre la Doria et la Leysse et isolé du chef-lieu, d’où son appellation.

Un sentier longeant la Leysse aux eaux transparentes nous offre le spectacle d’une belle cascade de barrage avec échelle à poissons.

Ensuite commence la grimpette dans le bois du Replat sur le "sentier des vignes" qui serpente entre les troncs recouverts de mousse ou de lierre, avec parfois des marches faites de rondins, des faux-plats, des descentes et remontées.

Des sartos jalonnent le parcours ; dans l’un une cheminée en pierres avec des restes de bois brûlé dans l’âtre, auprès d’un autre à la charpente en ruine, nous immortalisons gaiement l’instant. Et nous repartons à flanc de coteau, voyant sur notre droite la Chartreuse enneigée et entendant le bouillonnement de la Leysse environ 150 mètres plus bas.

Tandis que nous continuons à grimper, le soleil fait de timides apparitions entre les nuages et bientôt nous parvenons à proximité du château de Salins (580 m) avec en arrière-plan le Mont Peney encore embrumé et un ciel de moins en moins menaçant.

Puis le sentier replonge dans le bois et peu après nous faisons la pause-banane, assis sur deux bancs rudimentaires placés de chaque côté d’un sarto restauré.

Après avoir repris des forces nous atteignons le lieu-dit Les Lantillères et dès lors nous entamons la descente vers le Trou de l’Enfer. Le sentier avec des passages plus ou moins abrupts, aménagés en escaliers à certains endroits, nous fait surplomber la Leysse dont on peut apercevoir les méandres au-delà de grandes graminées jaunies.

Plus loin nous traversons un espace planté de pins au milieu des herbes sèches avant de dominer une superbe courbe de la rivière entourant une avancée rocheuse.

Bientôt nous voyons sous nos pieds l’avatar moderne de la barque de Charon, le nocher infernal de la mythologie, une passerelle himalayenne.

Françoise, restée en arrière, s’est perchée sur un promontoire pour saisir l’instant où le reste du groupe franchira ce passage suspendu.

Le balancement des câbles suscite quelques appréhensions mais les tourments imaginaires liés à l’enfer ne seront pas le lot des Bémols ayant passé d’une rive à l’autre.

Il ne leur restera qu’à remonter sur le versant opposé en suivant le GR du tour des Bauges. Le long des lacets, quelques beautés naturelles attirent le regard : une trémelle mésentérique, champignon saprophyte gélatineux d’un jaune éclatant, une feuille de chêne décorée de gouttelettes.

Une bonne demi-heure après l’Enfer, nous émergeons Côté du Sordet (570 m), il est presque midi et sur de gros blocs de pierre en bordure du chemin nous décidons de nous installer pour la pause-déjeuner. Comme de coutume nous pique-niquons dans la bonne humeur et avec un esprit très convivial mais nous ne nous attarderons guère car de minuscules flocons semblent vouloir donner raison à la météo or ces prémices de la chute de neige seront sans conséquence pour les valeureux randonneurs qui jettent un dernier regard vers Thoiry à la limite de la neige.

Puis se remettent en route vers non pas le jardin d’Eden mais le lieu-dit Le Verger (650 m). Nous longeons dès lors le Terneze, affluent de la Leysse, ruisseau impétueux dans une nature sauvage. Des branches d’arbres moussus ploient au-dessus de l’eau qui bondit entre des blocs rocheux eux aussi tout couverts de mousse.

Après avoir remonté la rive droite nous atteignons le canyon du Terneze et un petit pont de bois.

Là nous pouvons contempler marmites de géants, cascade et arche de pierre avant de passer sur l’autre rive.

Nous la longeons un moment puis remontons toujours en suivant le GR vers les ruines des moulins de Fontaine froide, moulin à gruau, moulin à farine, dont subsistent encore parmi les ronces deux magnifiques meules circulaires recouvertes de mousse.

Un peu plus tard nous abandonnons le GR menant à Curienne et suivons dès lors un sentier bordé d’arbres avec des balises bleues. Une pancarte en bois indiquant St-Alban-Leysse nous rassure mais nous en sommes encore bien loin. Le cheminement dans le bois, où de nombreux arbres abattus jonchent le sol, n’en finit pas.

A certains embranchements le doute s’installe mais finalement nous ne nous égarons pas. Le narrateur, ayant cru à tort à un embranchement être à proximité du château de la Bâtie, rectifiera son jugement à la vue d’une descente en lacets réveillant en sa mémoire des souvenirs précis. Il s’orientera alors correctement pour encore de longues minutes de marche avec de petits flocons tombant par intermittence. Au bord du sentier les buis dévastés l’an dernier par la pyrale reverdissent, la vie est donc plus forte que cette espèce infernale...

Nous arrivons enfin aux abords du château de la Bathie, où nous faisons une petite halte, histoire de faire quelques photos des tours du château à travers les arbres, du Granier sous la neige et caché par de gros nuages noirs.

Mettant un point d’honneur à ne pas fouler le macadam, nous repartons dans le bois à la recherche, parfois hésitante, du sentier serpentant sous les bâtiments seigneuriaux en direction de Leysse où nous débouchons à 15h30, sous une petite pluie fine, au terme d’une belle boucle de plus de 750 m de dénivelé cumulé.

Photos : Martine (+ 2 de Françoise)

Texte : Maurice

Portfolio

Canyon du Terneze
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