Club des retraités de la MGEN en Savoie
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2017 / 11 / 09 - Un train peut en cacher un autre...

Balade de substitution : Mouxy - les Corbières - Sonnaz

vendredi 10 novembre 2017, par Maurice DUPONT

Avant 8 heures au train où vont les choses du côté de Bassens, on peut s’attendre à une très faible participation à la randonnée de ce jeudi. Or ce ne sera pas le cas ; une fois tous réunis à Aix-les-Bains, les Bémols sont 9 bravant une météo maussade : Bernadette, 2 Françoise, Martine, Maxime, Prudy et Bob, Jean-Philippe, Maurice. Mais avec un ciel si bas et la pluie qui menace, la destination prévue, la Chambotte, est abandonnée et lui est substitué un circuit, mouillé certes mais plus court, du côté de Mouxy.

Nous voici repartis vers cette commune et à 9 heures les 9 débarquent sur le parking de l’église (403 m) et se dirigent ensuite vers l’ancienne gare du train à crémaillère. Une première pancarte nous transporte 2 siècles en arrière ! Comme mise en train : un voyage dans le temps !

Pour le moment, la pluie commence à tomber et nous enfilons cape ou autre vêtement imperméable.

Quelques minutes plus tard nous sommes auprès de la gare en bois, reconstituée avec à l’intérieur un préposé insensible au temps qui passe et aux éventuels voyageurs. "Il est empaillé !" s’écrie joyeusement Prudy.

Aux abords une superbe machine à vapeur aux cuivres rutilants semble prête à reprendre du service.

Après avoir admiré ce décor, nous empruntons le tracé de la voie à crémaillère. Un petit âne vient regarder ce convoi d’un nouveau genre.

Nous montons tout droit entre les arbres parés des couleurs de l’automne ; en tête Bob marche d’un bon train, à l’arrière, Bernadette avance à un rythme davantage bémol et sur le sol que nous sommes en train de fouler, Jean Philippe de son regard de spécialiste remarque des éléments de la crémaillère d’autrefois qui apparaissent aux yeux des autres comme de simples bouts de ferraille. Après avoir franchi un petit pont, nous parvenons aux Barrals (527 m)

Et nous poursuivons la montée, lisant de temps à autre des panneaux retraçant l’histoire de cette ligne qui reliait Aix au Revard. Parmi les hauts faits qui ont émaillé le train-train de la construction et de l’exploitation de la voie, signalons l’incendie en 1892 du hameau des Exertiers dû à une escarbille enflammée s’échappant de la locomotive et tombant sur le chaume des toits. Mais on accusa un ouvrier italien d’être l’incendiaire car son amour ardent envers une jeune femme du hameau, visitée en cachette, dérangeait...

Aujourd’hui des fleurs de vergerette décorent les abords de l’imposante ferme construite sur l’emplacement de l’ancien hameau réduit en cendres.

Là où était construite la gare de Pugny-Chatenod, nous nous arrêtons et faisons la pause-banane. Bob distribue (déjà) de succulentes papillotes, Martine des cranberries et Jean-Philippe des amandes. Françoise, quant à elle, propose au groupe de finir cette courte randonnée en allant partager notre repas chez eux, à Sonnaz. Déjeuner à l’abri et au chaud, plutôt que l’arrière-train dans l’herbe mouillée, quoi de mieux ? Après cette pause réconfortante, nous pouvons nous manier le train pour atteindre Les Grands Prés (630 m). Nous voici dès lors arrivés au point culminant du jour ; à notre droite une petite route bordée d’un champ de colza, menant au monastère de Betlhléem.

Celui-ci a été édifié aux Corbières sur l’emplacement d’un ancien établissement pratiquant l’héliothérapie à l’époque du train à crémaillère.

Nous parcourons à un train de sénateur ce site imprégné de silence, visitant le magasin d’objets d’art religieux, la chapelle de l’unité à l’architecture quasi byzantine.

Egalement sa crypte, où reposent un certain abbé Portal et madame Gallice, veuve riche et pieuse qui, délaissant volontairement le train de vie d’une héritière fortunée, fonda en ce lieu dès 1917 un orphelinat pour filles.

En traversant le domaine, nous admirons le tronc d’un thuya géant qui s’élève très haut dans le ciel, rien de plus normal ici !

Et nous pouvons au-delà de la forêt aux teintes automnales apercevoir le lac du Bourget.

Ensuite nous traversons le bois des Corbières et avant d’affronter la descente sur un sentier mouillé, parfois glissant, l’autre Françoise enfile une genouillère et tout le monde arrive sans embarras à la sortie du bois où la vue est plus large sur le lac et la montagne du Chat, partiellement masquée par les nuages.

Il nous reste maintenant à rejoindre Mouxy et emportés par notre élan, nous nous éloignons du tracé du train à crémaillère, longeant maintenant un joli ruisseau et sa cascade qui faisait tourner jadis la roue du moulin de Mouxy.

Nous débouchons bientôt sur la départementale montant au Revard. Marcher sur le macadam fait récriminer quelques-un(e)s n’appréciant guère d’être exposé aux automobiles roulant parfois à un train d’enfer, mais le trajet ne sera point trop long avant d’arriver au parking de l’église de Mouxy vers 12h15.

Après la mise au point de toute une logistique pour aller quérir les voitures garées aux Toiles du Lac et les approcher au plus près de la maison de Françoise et Jean-Philippe, nos hôtes nous reçoivent quasi royalement et nous prenons place autour d’une belle table pour un déjeuner joyeux et fort convivial, digne d’une pendaison de crémaillère.

Mais le plus beau reste à venir. Une fois le déjeuner terminé, le maître des lieux nous fait participer avec entrain à son loisir favori, le train de jardin.

En véritable démiurge ferroviaire, Jean-Philippe a construit dans sa pelouse un réseau ferré comprenant une longue boucle avec des aiguillages, des tunnels, un viaduc.

Là il fait évoluer devant nous, ébaubis et admiratifs, différentes locomotives, autorails, wagons, remorques à un seul essieu etc...

Le tout reproduisant fidèlement à une certaine échelle des modèles ayant existé en Autriche, Suisse, Etats-Unis etc... Il nous montre aussi la gare construite de toutes pièces, de ses mains avec patience et passion.

Après cette séance où nous demeurons suspendus (tel est le sens étymologique du mot crémaillère) aux faits et gestes de Jean-Philippe, nous laissons nos hôtes, enchantés de cette balade de substitution.

Photos : Martine

Texte : Maurice

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