Club Santé Seniors MGEN 73

2017/ 08 / 03 - Les Robert presque à sec...

Les lacs Robert depuis Chamrousse-Recoin

vendredi 4 août 2017, par Maurice DUPONT

Décidément le site de Recoin n’est plus ce qu’il était il y a encore peu de temps. Des pylônes de télésièges, des canons à neige sont sortis de terre de tous côtés, de nouvelles pistes ont été tracées faisant disparaître par endroits les chemins fréquentés par les simples randonneurs, amoureux de la montagne et des espaces naturels préservés. Après 9 heures, c’est ce que déplorent les 12 Bémols du jour -Catherine, Cécile, Chantal, Joëlle, Magdeleine, Martine, Maxime, Mireille, Bernard, Bob, Daniel, Maurice, lorsqu’ils commencent leur randonnée par un temps annonçant une chaude journée.

Laissant derrière nous Chamrousse 1650, nous attaquons d’emblée la montée vers le col de l’Aiguille (1819 m). Une fois celui-ci atteint, petite halte avec vue panoramique : vers le sud, dans un ciel vaporeux le Mont Aiguille et vers le nord, les sommets de Chartreuse. Après le col, l’itinéraire descendant vers le lac des Pourettes a été mis à mal dans cette zone récemment rabotée, écorchée pour être transformée en pistes de ski.

Un peu de plus, la belle Grotte de la Balme, de nature karstique, serait passée inaperçue.

Au-delà des nouvelles pistes défigurant le paysage, nous rejoignons le sentier du lac au bord duquel sont présentes les beautés naturelles, tel ce Daphné joli-bois aux drupes rouges.

Et nous descendons jusqu’au lieu-dit "Grande Aiguille" (1770m) où le regroupement se fait avant de remonter vers le lac des Pourettes (1819 m).

Au bord de ce petit lac, où croissent des plants de ciboulette, nous faisons la pause-banane.

Pendant que nous nous reposons, nous voyons défiler devant nous tout un car de randonneurs relativement âgés qui se dirigent vers la Brèche Nord pour aller à la cascade de l’Oursière et que nous retrouverons plus tard éparpillés, souvent arrêtés, le long de la montée. Après nous être requinqués, nous nous lançons à notre tour à l’assaut de la Brèche Nord. Entre Bernard en tête et Daniel en serre-file, le groupe va s’étirer de plus en plus, chacun(e) marchant à son rythme, parfois doublant les autres randonneurs (ceux du car) qui reprennent leur souffle, parfois marchant, voire piétinant derrière eux. Aujourd’hui il y a des embouteillages et des bouchons sur le sentier de la Brèche Nord... Si les 4 Bémols de tête avancent bon train sur le sentier raide et sinueux, aux blocs rocheux inégaux, Martine, la guide du jour et enfant du pays, veille à ce que les autres Bémols soient toujours dans son champ de vision.

Peu avant midi les 12 Bémols sont tous réunis à la Brèche Nord (2071 m) d’où ils surplombent les Lacs Robert, dont le niveau est très bas, une sorte de ceinture grise entre végétation et eau entoure les lacs.

Puis sur le petit sentier étroit et caillouteux à flanc de montagne nous descendons à la queue leu leu vers les lacs (1998 m) et cherchons un emplacement pour la pause -déjeuner.

8 vont monter sur un promontoire avec vue sur la Brèche Sud et la Brèche Nord.

Les 4 autres préférent s’installer plus bas au près de l’eau. La convivialité ne sera pas rompue pour autant et à la fin du repas les 8 rejoignent les 4 "séparatistes" qui font la sieste et c’est un moment de détente tous ensemble.

Au bord des 2 plus grands lacs, des gens (qui ne sont pas des randonneurs) se baignent.

En période de chaleur caniculaire dans la vallée, les lacs Robert avec un bas niveau découvrant les rochers seraient-ils devenus une banale station balnéaire, fréquentée par des estivants montés en télécabine ? Si c’est la saison des baignades d’altitude, ce n’est pas celle des fleurs, aujourd’hui seules quelques mini joubarbes et des arméries, d’ailleurs fanées, sont photographiées.

A 13h45, nous entamons l’itinéraire retour par une belle grimpette sous le soleil vers le col de Lessines (2100 m), surplombé par le Grand Van. Ces 2 mots régionaux décrivent bien la situation : « lessines » désignant des versants dénudés et « van », une pointe ou paroi rocheuse. Durant la montée raide et parfois difficile, moult occasions d’avoir une belle vue plongeante sur les Robert, les lacs évidemment.  

Au col, halte bien méritée et une gentiane champêtre est l’objet d’un cliché, de même que les lacs encore une fois.

Après le col de Lessines, le sentier monte régulièrement à flanc de montagne avec une vue sur des paysages plus austères voire plus sauvages ; les quelques gouilles en contrebas du sentier sont pratiquement asséchées.

Lors d’une brève halte, nous pouvons apercevoir au loin l’Oisans, entre Belledonne et Taillefer.

Plus près, à nos pieds des roches provenant du fond des âges et d’un océan primitif ayant existé il y a environ 500 millions d’années ; des gabbros, roches magmatiques noires et blanches avec des cristaux brillants de pyroxène, explique Martine à Joëlle qui veut en rapporter de minuscules spécimens (pas trop lourds dans le sac) pour ses petits-enfants. Un peu plus loin, au bord du sentier un bloc de flazer gabbro, dont on ne se lasse pas d’admirer la beauté et qui est photographié chaque fois que l’on randonne dans les parages...

Après le col de la Botte et le col des 3 Fontaines (2180 m), nous voici au sommet de la piste de ski descendant vers les lacs qui, avec la baisse des eaux, semblent s’être multipliés, ni 3 ni 4 mais 5 ! Le site serait-il atteint de polymastie ?

Encore 70 m de dénivelé sur un chemin désormais large comme une route, avant de parvenir à la Croix de Chamrousse (2250 m). Tout en marchant vers le point culminant du jour, hérissé de pylônes-relais et d’antennes, nous apercevons un spectacle bucolique à notre droite : sur la butte au pied du Grand Colon, un troupeau de moutons.

Cela vient nous rappeler l’origine de l’appellation : Lacs Robert. Au Moyen Âge, on associait ce nom aux moutons et par extension aux lieux où ils s’abreuvaient...

Après une halte aux abords de la croix et un dernier regard panoramique sur un fragment de la Chaîne de Belledonne, avec le Grand Colon à gauche, nous nous dirigeons vers la gare de la télécabine pour un dernier parcours aérien vers Recoin. Après 16 heures, ravis de cette belle randonnée avec 720 m de dénivelé cumulé, nous repartons vers Bassens.

Photos : Martine

Texte : Maurice

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