Club Santé Seniors MGEN 73

2017/07 /27 - Parstire mais... revenir !

Du col du Pré à la Roche Parstire et encore plus loin

vendredi 28 juillet 2017, par Maurice DUPONT

Pour ce dernier jeudi de juillet, après l’épisode pluvieux du début de semaine, retour progressif du beau temps avec de la grisaille dans le ciel ; l’effectif du groupe Bémol est modeste. Peu après 9 heures au col du Pré (1703 m) débarquent les 10 Bémols du jour : Catherine, Françoise, Joëlle, Magdeleine, Martine, Michèle et Bernard, Bob, Daniel, Maurice. En ce lieu, point de départ de la randonnée, campent de nombreux jeunes touristes venus des bords du Nil, pas forcément parstirocompatibles... Nous partons et commençons à monter dans un bois d’épicéas dont les racines courent au ras du sol et s’enchevêtrent, donnant à la piste un profil irrégulier. Sur le bords, des myrtilliers chargés de petits fruits bleus, tentent les gourmand(e)s. Et au lieu-dit Les Chavonnes (1796 m), finie la grimpette dans le bois ainsi que l’indique ce mot dérivé de l’ancien français "chavon" signifiant "fin, extrémité". Nous entrons dans les herbages et apercevons la Roche Parstire qui apparaît au loin entre les épicéas.

Sur notre gauche, tout au bas de la pente, s’étale le lac de Roselend dont l’extrémité nord est dominée par le Rocher du Vent, où nous étions début juillet.

L’horizon est bouché par les nuages, le Mont Blanc disparaît dans la grisaille ; à l’autre bout du lac, au sud, l’éperon monolithique de la Pierra Menta attire les regards.

Après avoir fait la pause-banane, nous grimpons le long de la falaise donnant accès au sommet, montée longue et raide.

A 11 heures le groupe a atteint la Roche Parstire (2109 m). Un spectacle à 360 ° s’offre à nous : du côté est, au bout du lac on remarque une tache d’un blanc éclatant, qu’est-ce donc ? A cette altitude, ce ne peut pas être un névé ; Michèle indique que c’est l’écume blanche d’arrivée d’eau dans le barrage.

Et du Mont Blanc qui se décoiffe un peu jusqu’à la Pierra Menta, c’est une suite magnifique de sommets.

A l’ouest, un autre panorama vers les Saisies, le Mont Charvin, la Tournette aperçue sous un angle inhabituel, et à nos pieds le petit village de Boudin et Arêches.

Dès lors le sentier suit la crête herbeuse, fleurie de belles gentianes pourpres et de joubarbes à la couleur rose tendre.

Après une suite de montées et descentes, nous arrivons au Passage de la Charmette (2059 m). Là, une installation de traite des vaches et dans les herbages voisins un troupeau de tarines tintinnabulant. L’une d’elles, aux belles cornes et aux yeux maquillés, s’approche du groupe comme pour faire admirer le collier portant sa clarine, richement décoré avec, entre autres motifs, 2 têtes de vaches s’affrontant dans un combat de reines.

Quelle que soit la beauté de la tarine et de la clarine, qui dit vaches dit taons, ainsi la halte sera brève et nous reprenons la marche sur la crête suivante vers le mont des Acrays pour gagner le lieu de la pause-déjeuner que nous ferons lors que nous surplomberons le lac de St Guérin. De nouveau il faut monter et plus d’un(e) pense qu’une fois parvenus sur le premier mamelon, nous verrons le lac... Mais celui-ci ne se dévoile pas si facilement, il faudra atteindre le troisième mamelon pour qu’enfin il apparaisse à nos pieds. Si la montée a été longue, elle a permis de traverser une zone fleurie d’une multitude de gentianes pourpres.

Lorsque nous nous posons à la cote 2145 (selon l’altimètre de Daniel) ou 2130 (selon celui de Françoise) nous apercevons le lac, quadrilatère bleu dans son écrin de verdure foncée, à travers les fleurs des champs , pulsatilles à l’aspect échevelé, graminées et arnica.

Une gentiane jaune ponctuée perdue au milieu des pourpres mérite aussi un cliché en gros plan.

Dans ce décor alpestre, le déjeuner convivial comme d’habitude ne peut être qu’agréable et gai, même si la proximité du vide inspire quelque crainte lors de déplacements...

Après le repas, temps de repos et d’échanges notamment à propos de l’itinéraire retour. Revenir par le même chemin est exclu et les souvenirs d’une errance dans les arcosses, l’an passé, dissuadent de revenir par le versant ouest de la Roche Parstire ; ainsi le versant est, côté barrage de Roselend, aura la préférence. A 13h30 nous entamons le retour en redescendant d’abord vers le Passage de la Charmette. Dans les champs colorés, des petites astrances jetant une touche de blanc et plus loin des orpins des infidèles sont repérés par Martine qui fait un zoom sur l’une de ces fleurs.

Au lieu-dit le Rocher, nous empruntons le chemin menant vers Comboutin, chemin large bordé de schistes, dans lesquels s’épanouissent des Linaires des Alpes, petites fleurs à la corolle bleu violacé munie d’une gorge orangée.

Tout en marchant nous pouvons voir à travers les épilobes le barrage de Roselend et son impressionnante voûte en béton (longue de 800m et haute de 150 m).

Vers 15 heures dans un pré au bord du chemin, nous faisons la dernière pause de la journée pour contempler à loisir le paysage qui s’offre au regard, alors que le soleil se manifeste enfin.

Puis nous repartons et au bout d’un moment, Bob, doyen infatigable à la tête du groupe, sachant qu’il ne faut pas aller jusqu’à Comboutin, coupe à travers pré et va nous entraîner bientôt sur le sentier emprunté le matin, le sentier qui monte à la Roche Parstire ! Plusieurs remarquent assez vite l’erreur de parcours ; l’inconscient de Bob lui aurait-il inspiré cette variante ? Quelques plaisanteries fusent mais rapidement tout rentre dans l’ordre, il fallait laisser le chemin un peu plus loin. Nous arrivons bientôt au lieu-dit Les Chavonnes et il ne nous reste plus qu’à descendre dans le bois d’épicéas pour rejoindre le col du Pré, ce qui est fait à 15h45.

Ravis d’avoir randonné dans ce site superbe, nous remontons en voiture et roulant lentement sur la voûte du barrage, nous constatons que le blanc mystérieux à l’extrémité est bien l’écume de l’eau captée se précipitant dans le lac.

Photos : Martine

Texte : Maurice

Portfolio

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0