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Les Batteries des Hurtières sous la neige. (Randonnée G1 du 27.04.17)

samedi 29 avril 2017, par Christian DORDOLO

Date : 27-04-2017.

Effectif : 8.

Météo : Couvert, bruines puis ambiance neigeuse. Petite pluie sur la fin.

Altitude départ : 605m.

Altitude maximale : 1469 m.

Dénivelé cumulé : 970 m.

Distance parcourue : environ 10 à 12 km.

Délais TAC : 7h15.

Du fait de l’absence de "Toto" et d’ " Iphigénie", on se contentera d’une trace approximative.

Yves nous a organisé une sortie sur mesure, compte tenu de la météo :

Assez haut pour avoir de la neige, mais pas trop, un circuit minier et militaire pour nous occuper, sachant que la vue sur les montagnes sera très réduite, et surtout une salle confortable pour se restaurer.

Nous sommes donc huit (Quatre marcheuses et quatre marcheurs),à ne pas avoir eu peur du mauvais temps annoncé.

Danièle qui était déjà arrivée à la bourre, n’hésite pas à partir en direction d’Aix les bains pour rejoindre Aiguebelle.

Nous laissons les voitures près de chez Lulu, que connait très bien Edmond.....et Françoise qui, pour y avoir fait une pause vélo, jura que l’on ne l’y reprendrait plus !

Ce n’est en effet pas facile à vélo de franchir un col la panse pleine !

Entre chemins fermés et multitude de routes, le cheminement de départ est un peu compliqué.

Au passage devant une jolie ferme, il nous est permis d’admirer les multiples objets anciens de travaux des champs et des métaux, accrochés sur la façade par l’occupant des lieux.

Un pied de lunaire ou "monnaie du pape" n’échappe pas à l’oeil avisé d’Yves !

Et c’est à travers prés et chemins humides que nous commençons à grimper.

Le sentier devient ensuite franchement boueux quand nous devons traverser une zone de travaux d’installation de conduite d’eau.

On atteint le musée de la mine, et la chapelle de la minière bâtie en 1661 et dédiée à St Bernard, Ste Lucie et Ste Barbe.

On attaque ensuite le raide chemin des minières.

Si dans une région minière vous entendez parler de canard, il ne s’agit pas du volatile ni de celui qui est enchainé, mais de conduit d’aréage destiner à la ventilation des mines.

Après la pause banane effectuée debout dans la neige pour les uns, bien assis à l’abri pour ceux qui courageusement sont allés 100 m plus loin, nous passons devant des entrées de galeries cadenassées.

Compte tenu de l’ambiance brumeuse, on peut s’offrir, un petit instant culture :

La mine de fer de Saint Georges d’ Hurtières, la plus importante de Savoie, est située sur la face Est du massif de Belledonne à l’entrée de la vallée de la Maurienne, sur la commune de Saint Georges d’ Hurtières. Il s’agit d’un filon de sidérite (carbonate de fer) encaissé dans des micaschistes, mais on y exploita aussi du cuivre (chalcopyrite) et du plomb argentifère (galène).

Les premières traces d’exploitation mentionnées dans un document historique remontent à 1289 ; après une période d’extraction du minerai assez anarchique, les travaux furent repris en 1875 par la Compagnie Schneider du Creusot, de façon beaucoup plus rationnelle et rentable.

Le minerai était descendu dans la vallée à l’aide de plans inclinés jusqu’à l’usine de la Pouille près d’Aiguebelle, où il était grillé (transformation des carbonates en oxydes pour augmenter la teneur en fer) puis expédié aux hauts-fourneaux du Creusot en Saône-et-Loire.

Suite à la découverte d’un procédé de déphosphoration des minerais de fer de Lorraine en 1878, le prix de revient du fer des Hurtières devint trop élevé (éternel débat !) mais la mine fut encore exploitée pour le cuivre et le plomb par diverses sociétés.

L’effondrement des cours du cuivre en 1930 (!)entraîna la fermeture définitive de la mine cette même année.

Aujourd’hui il subsiste un réseau souterrain composé de 21,7kilomètres de galeries et 700 carrefours ! (d’après Robert Durand (2005) )

Oublions les mines et continuons notre chemin......

C’est très curieux et apaisant, d’évoluer dans ce paysage blanchi par la neige !

Il est tôt quand nous arrivons à la batterie-refuge de Rochebrune.

La dernière fois que nous étions venus ici, nous étions en terrasse, au soleil...

Aujourd’hui nous apprécions l’intérieur malgré l’absence de sièges.

Les habituels porteurs de café étant absents, on se rabat sur les thés gentiment offerts.

Une boisson chaude en hiver c’est toujours agréable, mais sous la neige, au printemps c’est une saveur très particulière.

Après une pause de plus d’une heure, c’est la sensation de froid qui nous décide à repartir.

On snobe la batterie de Tête Lasse (on aurait pu faire plus de 1000m de dénivelé),mais on va dire bonjours à celle de Sainte Lucie (notre point culminant) et à celle de Foyatiet.

(Cette dernière a un nom pas facile à prononcer,mais on peut faire mieux : Mettez un "l" à la place du premier "t" et vous avez un joli nom agréable à articuler, qui pourrait faire un prénom original à donner à un petit enfant).

Toutes ces batteries ont été posées ici pour surveiller ou interdire les passages des Cucherons après le rattachement de la Savoie à la France.

On referme notre boucle par un chemin de traverse qui nous reconduit au sentier des minières.

Le chapeau de Françoise.On se croirait en Afrique !

On n’a pas tout compris.

Avant de regagner St Georges d’ Hurtières, on rencontre des céphalanthères blanches et on redescend dans notre chemin boueux.

La pluie fine qui nous accompagne en a franchement amélioré la qualité et la terre s’accroche à nos chaussures affectueusement.

Nous faisons une nouvelle halte à la chapelle où se racontent des histoires de saintes.

De sainte Lucie ( nous, on a encore nos yeux pour pleurer), la conversation dévie vers sainte Aghate, et bientôt on ne parle plus de saints, mais de seins.

Cela peut être culturel :

On parle ’’des roberts’’ pour désigner les seins de femmes en référence à la première fabrique industrielle de biberons créée à la fin des années 1860, par un industriel et ingénieur dijonnais, Edouard Robert, qui commercialise un biberon révolutionnaire dont la tétine agrémentée d’une soupape régulatrice du débit de lait obtient un tel succès que l’on va très rapidement assimiler le dispositif aux seins des nourrices. L’argot populaire s’en empare rapidement pour désigner plus généralement les seins de femmes.

Et puis des auteurs de romans, tels San Antonio ont repris l’expression.

"Les gaillards, les roberts, les nénés quoi..... Il faut tout lui expliquer à ce mec-là, il entrave rien !".

Pour finir, Edmond nous donne sa version en patois et nous rappelle qu’il aimerait bien s’arrêter un moment chez Lulu.

Chez Lulu.

On est très bien accueillis par Lulu et Jo qui nous installent dans la grande salle près d’un feu de bois.

Ce sera "boissons chaudes" offertes par Yves qui voit son anniversaire se rapprocher à grande vitesse.

Merci Yves.

Et finalement, bien que notre repas de midi ait eu lieu à 11h 30,c’est presque à 16h30 que nous repartons vers la capitale.

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