Club Santé Seniors MGEN 73

2016 / 10 / 27 - Brouillard et retard au Reposoir

Boucle brumeuse au Crêt du Char

vendredi 28 octobre 2016, par Maurice DUPONT

Voici un récit d’une extraordinaire banalité de 10 Bémols randonnant au Crêt du Char par une journée d’automne pleine de brouillard tenace et de fugaces éclats de rire. 10 c’est 2 de moins que jeudi dernier ; 3 jours de pluie et de précipitations ont dissuadé plus d’un(e) de randonner dans la boue et la gadoue. Ainsi au départ de Bassens, vers 8h15, sont présent(e)s 7 marcheur(se)s : Danielle, Évelyne (nouvelle retraitée randonnant pour la première fois), Magdeleine (de retour pour les vacances), Mireille plus Bernard, François, Maurice. Au même moment, à Grésy-sur-Aix, 3 autres -Cécile, Martine, Bob- partent pour Bellecombe-en-Bauges et bientôt arrivent au parking du Reposoir (1165 m) où ils attendent les 7 qui ont plus de kilomètres à parcourir. Or l’attente va durer bien plus que prévu... Dur-dur d’attendre dans le brouillard et le froid, même au Reposoir !

Mais que font les "Chambérien(ne)s", auraient-ils perdu le nord et le sens de l’orientation ? En fait ils n’ont pas vu la dernière pancarte invitant à tourner à gauche, pancarte masquée par d’autres randonneurs, plus un chien traversant à ce moment la route au ras des roues de la voiture de tête, le tout fait qu’ils vont se fourvoyer, battre la campagne et un record de durée pour le trajet automobile. Après un moment qui paraît interminable, les 3 arrivés à bon port sortent de leurs gonds et de leur voiture et dans les alentours ils battent la semelle et le rappel des troupes ; hélas ! Pas de réseau... Pendant ce temps, comme des forestiers, les 7 roulent sur une piste égarée, étroite sans possibilité de demi-tour, jusqu’à atteindre la fin du chemin carrossable et le comble du retard. Alors forcément retour jusqu’aux habitations de Bellecombe et enfin arrivée au parking du Reposoir ; il est bientôt 10 heures. Et les Bémols n’ont pas encore commencé leur randonnée. "À quoi peut leur servir de se lever matin ?" dirait le poète.

Sans plus tarder, sous la conduite de leur juvénile doyen Bob, les 10 empruntent le chemin empierré, non bourbeux, menant au col de Bornette (1304 m) et, dans le brouillard qui ne se dissipe nullement, ils avancent sans mettre de bémol à leur rythme de marche. Puis ils suivent le sentier du Char, passent à proximité des chalets du Mollard et entrent ensuite dans la forêt où de petits cris stridents d’oiseaux retentissent à leur approche. François précise qu’il s’agit des geais, les guetteurs de la forêt signalant à leurs congénères et autres animaux la présence d’intrus. En effet intrus nous le sommes, nous qui pénétrons dans la claire obscurité du sous-bois où le brouillard semble régner sur un univers féerique. Au bord du sentier en lacet et en zigzag, de nombreuses amanites-tue-mouches attirent les regards par leur beau chapeau rouge à points blancs.

N’annoncent-elles pas la présence possible de cèpes ? Ainsi, explorant les environs et les parages, Martine a tôt fait de cueillir le premier bolet de la journée et même de la saison. A sa vue les mycophiles sont émoustillés. Si un bolet a été cueilli, il y en a sans doute d’autres.

Nous continuons donc à monter et à ouvrir l’œil. Plus d’une heure après le début de la marche, nous arrivons sur le Crêt du Char (1468 m). Char à foin, char à bœufs ? Foin de ces interprétations rustiques et paysannes ! L’appellation "Le Char" provient d’un vieux terme désignant une élévation, un épaulement, une croupe arrondie. Aujourd’hui aucun paysage, aucune vue sur les alentours, à cause du brouillard persistant. Mais le lieu est propice à la pause-banane qu’il est recommandé de faire nettement plus tôt, or aujourd’hui nous avons mangé cette consigne et la banane à 11h15... Bob distribue des parts du délicieux brownie aux noix que Juliette a confectionné en quantité à l’intention du groupe. Le temps de la halte est mis à profit pour la recherche des champignons ; la cueillette dans le bois sommital ne vaut pas la peine d’être mentionnée. Un peu plus tard, une jolie clavaire méritera seulement un cliché.

Déçus, il faut redescendre sur terre et aux chalets du Mollard encore enveloppés de brouillard.

Mais nous ne sommes plus que 9, qui manque à l’appel ? Cécile qui durant la descente a exploré davantage l’endroit où fut trouvé le premier cèpe et sa peine ne fut pas inutile. Cécile nous rejoint avec 2 beaux bolets aux dimensions respectables. Maintenant retour au col de Bornette d’où il est impossible d’apercevoir le lac d’Annecy et à 12h30 nous voici à l’abri du rocher jouxtant le vieux chalet de Bornette. Alentour les dernières marguerites retiennent l’attention de la photographe.

Nous nous installons pour la pause-déjeuner.

Temps de convivialité, de bonne humeur et de liesse, pendant lequel les talents de Bernard et de François, le boute-en-train du groupe, font merveille et rire les convives...

A 13h30, nous continuons la boucle en suivant la nouvelle piste large et empierrée montant vers les chalets de l’Écurie-derrière (1421 m). Le soleil se montre très timidement à travers les nuages et le brouillard, faisant apparaître un coin de ciel bleu, aujourd’hui c’est tellement rare que cela mérite un cliché.

Malgré le brouillard qui ne cède pas facilement la place, les belles couleurs de l’automne sont un régal pour les yeux.

De même, une jeune amanite tue-mouche tente de nous en mettre plein la vue.

Plus discrète, une chanterelle esseulée sera cueillie par Martine sur le chemin du retour et pour la photo, une mise en scène artistique de Mireille tentera de faire oublier qu’elle est malheureusement la seule de son espèce.

Après Écurie-devant et le Golet de Doucy, un petit chalet avec sa terrasse en bois incite à une dernière pause mais il faut faire un peu d’escalade pour pouvoir y accéder.

Après quoi la dernière séquence de la rando nous fait descendre parmi des paysages encore légèrement brumeux jusqu’au Reposoir où nous arrivons à 15h30.

Le retard du matin n’est plus qu’un lointain souvenir qui s’est estompé plus vite que le brouillard.

Photos : Martine.

Texte : Maurice.

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