Club Santé Seniors MGEN 73

2015 / 06 / 04 - A la Pointe c’est si beau mais point de sabots, or...

Pointe de la Gorgeat et Mont Joigny

vendredi 5 juin 2015, par Maurice DUPONT

La météo quasi caniculaire de ce premier jeudi de juin, a incité de nombreux Bémols à aller randonner à l’ombre des forêts de Chartreuse ; c’est ainsi que 22 marcheur(se)s soit 15 dames -Bernadette, Brigitte, Chantal, 3 Françoise, Jeanine, Jeanne, Jeannine, Joëlle, Martine, Maxime, Michèle, Monique, Sylviane- et 7 messieurs -Bernard, Bertrand, Daniel, Jean-Philippe, Maurice, Michel, Yves- débarquent des voitures avant 9 heures au col du Granier (1134 m) et équipé(e)s pour affronter la chaleur se mettent en marche sur le chemin des Granges de Joigny. Chemin bordé d’orchidées, dont une platanthère à 2 feuilles, une listère ovale, orchidée non colorée et donc difficile à voir mais qui n’échappe nullement à l’œil de la photographe.

Or le but de la balade est d’aller à la recherche des orchidées dédiées à Vénus, qui, en cette saison, étalent leur beauté au pied du Granier. L’une d’elles, d’allure modeste et solitaire, passe presque inaperçue. Cependant plusieurs voix s’élèvent dans le groupe, affirmant qu’on en verra vers la fin de la rando qui doit nous conduire d’abord à la Pointe de la Gorgeat et au Mont Joigny. En effet les sabots de Vénus ne peuvent pleinement s’apprécier qu’au terme d’une longue attente ou d’une approche des diverses formes de la beauté.

Ainsi le panorama des montagnes de Chartreuse, du Granier au Grand Som, se détachant sur un ciel uniformément bleu est un régal pour les yeux.

Après le lieu-dit La Corniole, sur le chemin montant au col de la Gorgeat, d’autres beautés naturelles, les grosses ammonites bien connues des randonneurs en Chartreuse, sont une invitation à remonter le temps, bien plus loin que l’Antiquité et ses déesses, jusqu’à l’ère secondaire, à environ 140 millions d’années.

Pour l’heure, le groupe s’étire dans la montée à l’ombre des fayards, avec parfois un replat permettant de souffler un peu. Au col de la Gorgeat (1433 m), une petite halte est propice au regroupement de tous et Bertrand, qui depuis des décennies est un familier des itinéraires de Chartreuse, propose pour atteindre la Pointe une variante terminale, un peu plus difficile que le chemin mais combien plus belle. En effet nous suivons d’abord pendant un moment le chemin habituel au bord duquel se dresse une céphalanthère, aux fleurs d’un blanc pur. Nous empruntons ensuite une sente serpentant à l’orée de la forêt, en bordure de la pente herbeuse. Ce petit détour nous offre une vue panoramique superbe des sommets cartusiens dont, en connaisseur, Bertrand nous cite les noms jusqu’à la Grande Sure, dernier sommet visible. Avec un brin de nostalgie, il évoque raids anciens et escapades alpestres avec de jeunes audacieux, du côté du col de Bellefont. Vers 11 heures nous voici à la Pointe de la Gorgeat (1486 m) où nous faisons la pause-banane, admirant le paysage.

En bas dans la vallée le Grand Carroz apparaît bien petit... Avant de repartir, Bertrand invite à faire sur le chemin descendant vers le col de la Drière un bref aller et retour jusqu’à un belvédère sur la cluse de Chambéry et le lac du Bourget : vue magnifique malgré la brume de chaleur.

Puis nous repartons vers le col de la Gorgeat et entamons la montée vers le Mont Joigny. Le sentier pentu et rocailleux, parfois obstrué de hêtres ou d’épicéas abattus, décrit des lacets assez raides ; heureusement la forêt avec son ombre rend la grimpette moins pénible.

A 11h45, nous débouchons de la forêt dans la prairie sommitale du Mont Joigny (1556 m) écrasée de soleil et décorée de bleuets formant par endroits comme un tapis de fleurs, où butinent les abeilles et volettent les papillons.

Il faut maintenant trouver un endroit pour la pause-déjeuner et donc continuer un peu la marche jusque dans un bois où une clairière ombragée permet à toutes et à tous de s’installer dans un rayon relativement court et de se restaurer dans la bonne humeur et la convivialité.

A 13 heures nous repartons en direction du lieu-dit les Ravines. Après avoir longé la crête d’où nous avons une vue plongeante sur le Lac St André et le début de la Combe de Savoie, nous entamons une descente très pentue vers Les Ravines, les bien nommées. Avant ce passage un peu raide, Bertrand a conseillé de resserrer les lacets des chaussures et d’allonger les bâtons pour ménager les genoux. Ainsi tout le monde a pu descendre sans trop peiner et à 14 heures, nous voici de retour sur le chemin des Granges de Joigny, à 15 minutes du col. Toujours aucun sabot de la déesse de l’amour et de la beauté. Françoise qui n’a pas les deux pieds dans le même sabot, veut entraîner le groupe vers le chemin de la Ménardière où elle sait que ces fleurs abondent. Mais sa proposition qui revient à allonger le circuit sous la chaleur engourdissant les corps ne rencontre pas l’adhésion de la majorité, d’autres affirment qu’on verra les fameux sabots bientôt et en dernier ressort, non loin du parking sur le chemin menant à la station du Granier. En effet quelques minutes plus tard, sur le petit sentier du belvédère, la pente est parsemée de sabots de Vénus qui semblent n’attendre qu’une chose : qu’on s’approche pour les admirer et les photographier.

Enfin nous ne sommes pas venus pour rien, nous redescendrons dans la vallée à l’atmosphère étouffante, les yeux pleins de ces orchidées recherchées, où s’est déposée la beauté divine.

Texte : Maurice Photos : Martine

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