Club Santé Seniors MGEN 73

2015 / 03 / 26 - Attente Maximale

Balade au fil de l’eau entre Cerveyrieu et Vieu-en-Valromey

samedi 28 mars 2015, par Maurice DUPONT

Aujourd’hui peu de partants à la balade du jour : seulement 3 à Bassens -Bernadette, Maurice, Yves- qui, à 8 heures, attendent en vain l’arrivée d’autres marcheur(se)s avant de rejoindre à Aix, près des Toiles du lac, 6 Bémols -2 Françoise, Jean Philippe, Marie France, Martine, Prudy- qui ont patiemment guetté l’arrivée des premiers nommés. Mais il n’ est pas encore temps de partir pour Artemare car Maxime, dont la chaudière en panne a failli annuler sa participation à la rando et a finalement retardé son départ, annonce qu’elle va partir de chez elle et évidemment nous attendons son arrivée avant de prendre la direction de l’Ain. Et ce n’est qu’à 10 heures (2 heures après le départ de Bassens) que nous débarquons des voitures sur le parking du cimetière d’Artemare où nous a précédés depuis un bon quart d’heure Martine venue directement de chez elle. Ainsi les 11 Bémols débutent, presque à l’heure de la pause-banane, la balade vers Cerveyrieu et sa cascade sous un ciel gris mais moins bouché qu’à Chambéry. Après être passés auprès d’un panneau évoquant l’ancienne "pierre de justice" du seigneur du lieu (si la pierre tremble, le prévenu monté dessus est déclaré coupable !!!) nous traversons le petit bourg de Cerveyrieu et gravissons entre les buis la colline dominée par une barre rocheuse. Arrivés au sommet du chemin du Golet au loup, nous sommes déjà sur le territoire de la commune de Vieu-en-Valromey et nous apercevons de loin le château de Don qui se dévoile derrière les arbres.

Une première marche sur l’asphalte le long d’une départementale peu fréquentée avant de descendre vers un petit pont enjambant le Séran, torrent dont l’eau impétueuse a érodé les roches calcaires, y creusant des marmites de géants et faisant parfois une sorte de dentelle dans la roche avant de se précipiter en cascade d’une belle hauteur.

Tout en contemplant ces beautés naturelles, nous faisons la pause-banane. Puis nous revenons sur nos pas, retraversons le pont et longeons le Séran sur sa rive gauche jusqu’au lieu-dit La Chaponnière. Ensuite le sentier relativement peu boueux (on a vu pire les années passées) suit de près le cours du torrent en remontant vers les gorges de Thurignin. Au bord du Séran, Martine repère les premières scilles de la saison aux pétales d’un tendre violet. Un peu plus loin, le groupe s’aventure prudemment le long des marmites de géants à la découverte des têtards. Ici, dans une petite marmite on aperçoit une ponte de crapaud, là des têtards qui semblent engourdis par le froid.

Prudy ne semble pas convaincue qu’il s’agisse de ces petites bêtes jusqu’à ce qu’elle s’exclame, après que Françoise les a titillées du bout de son bâton : "Là, ils ont un comportement de têtard !" - "Pas un comportement de fêtard !" enchaîne Yves. Ailleurs une petite cascade avec une nappe d’écume contre la roche attire l’attention de la photographe. Plus loin encore, le Séran a creusé un véritable petit canyon au fond duquel il bouillonne : un spectacle à admirer de près.

Il faut ensuite prendre le sentier parfois assez raide montant dans le bois en direction de Vieu. A la sortie du bois, sur une portion en replat, nous faisons une halte pour attendre les retardataires, dont Maxime qui a cueilli des pissenlits... Après être passés non loin de l’ancienne gare de Vieu, nous nous dirigeons vers le bourg ; au bord du chemin une touffe de violettes jette une note printanière.

Après traversée du bourg, nous atteignons l’église de style roman de Vieu-en-Valromey avec son clocher et son cimetière typiques.

L’ensemble a été construit sur l’emplacement d’un temple antique dédié à Mithra, dieu oriental dont le culte était développé chez les légionnaires romains qui séjournaient là pour se reposer et se remettre en forme. Après une visite rapide de l’église dont Bernadette teste l’acoustique en chantant dans le choeur un Ave Maria qui résonne harmonieusement jusqu’au fond de la nef, c’est la pause-repas. Assis sur des blocs de pierre le long du mur du cimetière, nous déjeunons avec la convivialité habituelle, qui n’est en rien diminuée, au contraire, par le petit nombre des convives. A la fin du repas, visite du cimetière aux tombes anciennes dominées par un calvaire dont le socle hétéroclite est constitué d’anciennes stèles funéraires romaines, restes du temple antique, fragments de colonnes et pierre de taurobole (sacrifice d’un taureau qui, dans le culte de Mithra, serait à l’origine de la vie et source de régénération).

Vers 13h30 nous prenons le chemin du retour bordé d’anciennes fermes restaurées aux magnifiques portes de grange, sur le talus des pervenches blanches attirent le regard et bientôt nous arrivons à la Fontaine de l’Adoue, située au débouché de l’antique aqueduc venant de Champagne-en-Valromey.

Après une petite halte, la marche reprend vers les sources du Groin. Avant de parvenir en ce lieu, nous apercevons en contrebas à travers les branchages une étendue vert émeraude, annonçant la spectaculaire résurgence du Groin : une magnifique étendue d’eau étale où se mirent les arbres qui l’entourent et peu après, l’eau animée d’un fort courant écume entre les pierres moussues.

Cette curiosité naturelle valait bien un détour avant de reprendre la direction du hameau de Vaux-Morets où une fontaine avec inscription gravée dans la pierre pose une colle au latiniste et aux autres ; elle pourrait être traduite ainsi : Habitants du pays, elle étanchera la soif des assoiffés.

La suite de la balade va emprunter une portion de départementale, mais avec tout de même possibilité de marcher sur les bords herbeux... Et nous parvenons au Gouffre du diable !!! L’Arvière (dans laquelle s’est jeté le Groin) forme un profond canyon bien visible sous le pont qui l’enjambe. Avec l’aide des physiciens du groupe, Françoise, Jean Philippe et Yves, Marie France tente d’en calculer la profondeur en y jetant des cailloux et en calculant le temps avant d’entendre le plouf. Les calculs, forcément approximatifs vu les conditions de l’expérience, donnent une profondeur d’environ 40 mètres mais une autochtone la ramènera à 30 m et elle nous indiquera comment parvenir au plus près de ce repère diabolique. C’est presque une descente aux enfers imprévue, le long de la falaise, que nous entreprenons alors après avoir franchi non sans difficulté une première barrière. Et là s’offre à nous le spectacle d’une nouvelle résurgence 70 mètres plus bas.

Après quoi, abandonnant le diable à ses tourbillons infernaux, nous reprenons la route d’Artemare, le long de laquelle une dernière cascade sur l’Arvière, avec toujours de l’eau couleur émeraude ajoute aux charmes de cette balade, dont tous les participants sont ravis, d’autant que la météo a été clémente, le soleil ayant même fait une timide apparition.

Derniers hectomètres avant les voitures et voici qu’une église dédiée à St Martin suscite un certain intérêt chez quelques marcheuses de l’arrière qui y pénètrent sans que le groupe de tête s’en aperçoive. D’où une dernière attente, ponctuée de questions : Où sont-elles ? Que font-elles ? Après plusieurs minutes, nous les voyons arriver, et parmi ces amatrices de style néoroman : Maxime, malgré elle, l’héroïne de cette belle randonnée riche en curiosités naturelles et culturelles.

Texte : Maurice Photos : Martine

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